Variation temporelle de la valeur nutritive des principales plantes spontanées broutées par le dromadaire

VARIATION TEMPORELLE DE LA VALEUR NUTRITIVE DES PRINCIPALES PLANTES SPONTANEES BROUTEES PAR LE DROMADAIRE DANS LE SUD ESTALGERIEN

VARIATION TEMPORELLE DE LA VALEUR NUTRITIVE DES PRINCIPALES PLANTES SPONTANEES BROUTEES PAR LE DROMADAIRE DANS LE SUD EST
ALGERIEN
HOUARI Kahina Dalila et CHEHMA Abdelmajid
Laboratoire de BioRessources Sahariennes, F.S.S.I., Université de Ouargla.
Abstract
Based on the study we did concerning the temporal variation of the chemical composition and assessment of the energetic value corresponding to the spontaneous principles plants grazed by the dromedary in south ester of Algeria, we could get for the chemical composition estimation, that the whole plants are relatively variables in MS, going from 20.51% for Agga to 75.76% for Tagtag, poor in MAT could not overtake 4.81 %, whilst for CB, MM and MO; the result in possession are relatively variables.
The seasonal variation of the chemical composition is not very clear it is weak.The seasonal average of MS show that a rich season is the winter, with 58.96%, in comparison with autumn and spring with respectively 52.45% and 53.41%.
Concerning the seasonal average of MO, we got a bring contents with 89.28% for spring, 85.7% for winter and 82.42% for autumn. The same thing for MM, we got a contents of 17.58% for autumn, 14.31% for winter and finally 10.71% for spring. Concerning the seasonal average of MAT, we got the highst rates for spring season with 4.22%, followed by winter season with 3.89% and 3.48% for autumn. The seasonal variation of CB average show that spring is the richest season with 27.10%, but for autumn and spring we got a bring contents with respectivelly 23.71% and 24.71%.
Concerning the energetic value, in general, the highest values of UFL and UFV are got for Zeita, Alenda and Agga with respectivelly 0.80, 0.78 and 0.75 UFL/Kg of MS and 0.77, 0.73 and 0.73 UFV/Kg of MS. On the other hand, the weakest are those got for Tagtag and Arfege with 0.58 et 0.54 UFL/Kg of MS and 0.46 UFV/Kg of MS. Concerning the seasonal variation, highest values of UFL and UFV are those got in spring with 0.72 UFL/Kg of MS and 0.65 UFV/Kg of MS in comparison with 0.65 and 0.63 UFL/Kg of MS and 0.59 to 0.56 UFV/Kg of MS respectively got in autumn winter.
Key words: temporal variation, chemical composition, spontaneous plants, Dromedary.

INTRODUCTION
L'élevage camelin est particulièrement dépendant des ressources fourragères locales dont les disponibilités sont ignorées jusqu'à présent. Elles sont moins bien connues au plan nutritionnel car très peu étudiées.
La connaissance des végétations consommées dans les milieux difficiles est indispensable pour estimer leur valeur nutritionnelle afin de mettre en place des méthodes d'utilisation rationnelle des ressources fourragères disponibles[1].
En dépit de l'importance que possèdent ces plantes qui peuplent les zones arides, dans l'alimentation des animaux et la protection du sol, elles n'ont cependant pas bénéficié de l'attention qu'elles méritent, il n'existe que quelques auteurs qui permettent de voir les grands traits de l'alimentation de cet animal.
Quant à la variation temporelle de la composition chimique et la valeur nutritive des plantes spontanées des zones arides, les travaux sont très rares.
C'est dans ce cadre que s'inscrit ce travail. Il est conduit pour une première estimation de la variation saisonnière de la valeur énergétique à partir de la composition chimique des dix principales espèces vivaces broutées par le dromadaire, caractérisant la physionomie des parcours du Sud Est algérien.
I- OBJECTIF :
L'objectif de notre travail est d'étudier la variation temporelle de la valeur énergétique des principales plantes spontanées broutées par le dromadaire constituant les différents parcours sahariens du Sud Est algérien.
II MATERIELS ET METHODES :
1- Echantillonnage :
Pour ce faire, nous avons effectué trois prélèvements (en automne, en hiver et au printemps) pour dix principales plantes, constituant les parcours du Sud Est algérien. Chaque plante prélevée a été séchée broyée puis analysée.
Les analyses on été effectuées selon la méthode classique, à savoir la méthode de WEEND pour la cellulose brute, la méthode de KJELDAHL pour les matières azotées totales, et enfin la méthode de l'incinération pour la matière organique. Pour la valeur nutritive : nous avons étudié la valeur énergétique (exprimée en UFV et UFL) et enfin une étude statistique basée sur l'analyse de la variance à l'aide du logiciel « Statiticf ».
III- RESULTATS ET DISCUSSIONS
1-Composition chimique des espèces étudiées :
La figure 1 représente la variation temporelle de la composition chimique des principales espèces broutées par le dromadaire. Ceci nous permet de déduire que la variation est relativement faible puisque les courbes sont plus ou moins horizontales par rapport à l'axe des abscisses.

La teneur en matière sèche :
L'analyse statistique a fait ressortir pour la plupart des espèces, deux saisons différentes pour la variation de la teneur en MS, exception faite pour les espèces Merkh, Damrane, Alenda, pour lesquelles les trois saisons présentent des taux de MS statistiquement différents.(fig. :2)

La teneur en matières minérale et organique :
La majorité des espèces étudiées présentent des taux de MM et de MO différents sur les trois saisons, exception faite pour les espèces Drin, Arfege, Baguel ou les différences sont significatives sur deux saisons ; quant à l'espèce Alenda elle semble indifférente au facteur saison. (fig. 3 et 4)
En effet la matière sèche constituée de matières minérales et organiques de la plante, a pour origine soit les substances prélevées au niveau du sol, soit la photosynthèse[2].
Parmi les nombreux facteurs de variation de la teneur en minéraux des fourrages, nous citerons ceux liés à la plante tel que : famille, espèce, stade de développement, les autres facteurs sont liés au climat et au sol.

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La teneur en cellulose brute et en matières azotées totales:
La plupart des espèces analysées enregistrent des taux de CB différents d'une saison à une autre exception faite pour les espèces Zeita et Merkh qui marquent deux saison distinctes, alors que les espèces Agga et Damrane n'enregistrent pas de différences significatives. (fig. 5)
Cela peut être lié au rapport tiges/ feuilles, en relation avec le stade phénologique de la plante. En effet, l'augmentation résulte essentiellement de la diminution de la proportion de feuilles au bénéfice de la proportion de tiges au fur et à mesure que la plante avance dans l'âge. De ce fait, la teneur dépend presque exclusivement du stade de développement de la plante[3].
Pour les espèces Agga et Damrane les résultats ne sont pas significatifs sur les trois saisons cela peut être dû à des spécificités physiologiques liées à ces espèces.
Cette différence entre ces résultats signifie probablement que la saison n'est pas le facteur de variation de la MAT. (fig. 6)
La variation en MAT est liée probablement au rapport tige /feuille composition morphologique (rapport tige/feuilles) qui est lui-même en relation avec le stade physiologique.
En effet, les protéines des fourrages verts sont situées pour l'essentiel dans les cellules chlorophylliennes et le cytoplasme de la cellule, alors que la vacuole qui augmente avec l'âge des cellules, est pratiquement
dépourvue de protéines[4].

Estimation de la valeur énergétique des principales espèces broutées par le dromadaire
Selon Les fig. 7 et 8 les meilleures valeurs énergétiques sont celles notés au printemps.
La bibliographie rapporte que la valeur énergétique d'un fourrage dépend avant tout de sa teneur en matière organique digestible.
La digestibilité de la matière organique et, par là, sa valeur énergétique, dépend essentiellement de la teneur en parois cellulaires et en constituants intra cellulaires, notamment en matières azotées. Donc cette valeur énergétique diminue au fur et à mesure que la teneur en parois cellulaires et leur degré de lignification augmente et que la teneur en constituants intra cellulaires diminue[5].
En définitive, ces faibles variations dans les résultats de composition chimique et de valeur énergétique, mettent en évidence l'importance des arbustes fourragers qui procurent une biomasse sur pied régulière tout au long de l'année.

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Conclusion
A la lumière de nos résultats, il ressort que : La variation saisonnière de la composition chimique n'est pas très nette, elle est plus ou moins faible.
Pour la MS, la saison la plus riche est bien la saison hivernale avec 58.96%. Pour la MO, on note des teneurs plus proches les unes des autres, la plus élevée étant de
89.28%, enregistrée au printemps.
Pour la MM, nous avons constaté la teneur la plus élevée en automne avec 17.58%.
En ce qui concerne la MAT, on enregistre la teneur la plus élevée pour la saison printanière avec 4.22%, alors que pour la CB c'est en hiver que la valeur la plus élevées est enregistrée avec 27.10%,

  • Pour la valeur énergétique et d'une façon générale, la meilleure valeur d'UFL et UFV ont été notées pour Zeita, 0.80 UFL/Kg de MS et 0.77 UFV/Kg de MS.

Selon les saisons, nous constatons que les meilleures valeurs d'UFL est celle enregistrée au printemps avec 0.72 UFL/Kg de MS, quant aux UFV la valeur maximale est celle obtenue au printemps avec 0.65 UFV/Kg de MS.
Toutefois, il faut noter que ce travail qui est une approche à l'étude temporelle, mérite d'être associé à une étude spatiale afin d'estimer la charge que peuvent supporter nos parcours du Sud Est algérien tel que cela a été déjà mené pour les parcours steppiques.

Références bibliographiques
[1] Longo H. F., Chehma A. et Ouled Belkhir A.,Quelques aspects botaniques et nutritionels des pâturages du dromadaire en Algérie, Option méditerranéennes (2) (1989) 47-53.
[2] Andrieu J. et Weiss PH., Prévision de la digestibilité et de la valeur énergétique des fourrages verts de graminées et de légumineuses : in prévision de la valeur nutritive des aliments des ruminants. (Eds), INRA publications, Versailles, (1981), pp 60 - 79.
[3] Bouchet J. P. et Gueguen L. : Constitutiants mineurs et majeurs des aliments concentrés : in prévision de la valeur nutritive des aliments des ruminants. (Eds), INRA publications, Versailles, (1981), pp 189-202.
[4] Demarquilly C., Andrieu J. et Weiss PH. : L'ingestibilité des fourrages vert et des foins, et sa prévision : in prévision de la valeur nutritive des aliments des ruminants. (Eds), INRA publications, Versailles, (1981), pp155-167.
[5] Demarquilly C. et Andrieu J. :Graminées et légumineuses : in Les fourrages pour l'alimentation des bovins, ovins et caprins, JARRIGE Ed ,INRA, Paris, (1988), PP 315-335.