Les rongeurs de la région de Touggourt

LES RONGEURS DE LA REGION DE TOUGGOURT

LES RONGEURS DE LA REGION DE TOUGGOURT
Moussa HADJOUDJ*, Abdeslam MANAA, Wafa DERDOUKH, Ahlem GUERZOU, Karim SOUTTOU, Makhlouf SEKOUR et Salaheddine DOUMANDJI
1-Ecole nationale supérieure d'agronomie Département de Zoologie agricole et forestière
2-Dép. agropastorlisme, Univ. Djefla, kasouttou@yahoo.fr
3-Dép. Agro., Univ. Kasdi Merbah, Ouargla mhadjoudj@gmail.com
RESUME :Cette étude a été réalisée dans 5 stations de la région de Touggourt du mois de juillet jusqu'au mois d'avril, dont le but est de savoir la composition de la population des rongeurs de la région et d'avoir des nouvelles données sur les espèces de la région en utilisant la morphométrie et la craniométrie pour confirmer l'identification des espèces. Par le piégeage aléatoire au biais des ratières B.T.S et des souricières, 1422 nuitspièges ont permis de capturer 78 individus de rongeurs, le taux le plus élevé est enregistré dans la station d'El-Mostakbal avec 21,7 %, le moins élevé est noté pour la station Tebesbest avec 4,2%. En termes d'espèce 6 espèces de rongeurs ont été capturées appartenant tous à la famille des Muridae. La station de Sidi Mehdi est la plus riche en espèces (S =5), l'espèce Gerbillus nanus est la plus abondante (I.A. = 4,0 %) et Mus musculus est l'espèce la plus faiblement représentée avec un I.A. égal à 0,1 %. La station la plus faible en nombre d'espèce est Tebesbest avec une seule espèce (Mus spretus), représentée par un seul individu (I.A.= 4,2 %).
MOTS-CLÉS : Inventaire, rongeurs, piégeage,Touggourt,Sahara.
ABSTRACT :This study was carried out in 5 stations of the area of Touggourt of July until April, of which the goal is to know the composition of the population of the rodents of the area and to have new data about the species of the area by using the morphometry and the craniometry to confirm the identification of the species. By the random trapping with the skew of rat traps B.T.S and traps, 1422 night-traps made it possible to capture 78 individuals of rodents, the highest rate is recorded in the station of El-Mostakbal with 21,7%, least low is noted for the Tebesbest station with 4,2%. In terms of species 6 species of rodents were captured belonging all to the family of Muridae. The station of Sidi Mehdi is richest in cash (S =5), the species Gerbillus nanus most abundant (I.A. = 4.0%) and Is Mus musculus is the species most slightly represented with a I.A. equal to 0.1%.
The station lowest number of species is Tebesbest with only one species (Mus spretus), represented by only one individual (I.A.= 4.2%).
KEY WORDS: Inventory, rodents, trapping, Touggourt, the Sahara.

INTRODUCTION

Les rongeurs constituent le plus grand ordre de mammifères tant par le nombre des espèces que par les effectifs des populations (CHALINE et MEIN, 1979). Cet ordre est également le plus diversifié, si on doit tenir compte des caractéristiques morphologiques, des aptitudes physiques ainsi que des différents milieux qu'occupent ces animaux (OUZAOUIT, 2000). Certaines de ces espèces sont responsables d'importantes pertes de vies humaines car elles jouent le rôle de réservoirs d'agents causaux de perturbations pathologiques chez l'Homme. La transmission des maladies s'effectue de plusieurs façons, soit directement par contact ou par morsure, soit indirectement par l'intermédiaire des piqûres dues à leurs parasites externes ou par leurs excréments qui souillent les aliments (AMEUR, 2000). Ces espèces sont des mammifères plantigrades de formes et de dimensions variées (SAINT GIRONS,1973). D'autres espèces de Rodentia comme Meriones shawi (BAZIZ, 2002) apparaissent en tant que déprédateurs notables des soles emblavées sur les Hauts Plateaux.

1. - SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA REGION D'ETUDE

La région de Touggourt se situe dans le Sud-Est de l'Algérie. Elle correspond à la partie haute de l'Oued Righ. Elle est bordée au sud et à l'est par le Grand Erg Oriental, au nord par les palmeraies de Megarine et l'Ouest par des dunes de sable (33° 02' à 33° 12' N., 5° 59' à 6° 14' E.) (Fig. 1). La région d'étude est localisée à une altitude de 75 m (DUBOST, 2002).

2.- MATERIEL ET METHODES
2.1. - DESCRIPTION DE LA TECHNIQUE DU PIEGEAGE ALEATOIRE SUR LE TERRAIN
C'est une méthode simple et facile à mettre en oeuvre sur le terrain. Avant d'installer les pièges, l'opérateur doit procéder à une prospection préalable dans l'aire-échantillon. Le but de cette opération est de chercher des indices de présence des rongeurs comme les crottes, les terriers et les empreintes.
Le piégeage est accompli avec des pièges de type B.T.S. (Besançon Technologie Système). Ces ratières permettent de capturer des rongeurs vivants. Les pièges utilisés dans cette présente étude sont appâtés avec des dattes sèches durant toute la durée du travail.
2.2. – METHODES D'ETUDE DES RONGEURS AU LABORATOIRE
Une fois au laboratoire, le rongeur capturé est sacrifié, dans le but d'étudier sa morphologie externe et la biométrie crânienne. Une fois l'animal est pesé et son est sexe déterminé, on prélève les crânes et on les numérote. La peau aussi est récupérée et conservée avec du sel pour sa déshydratation dans le but de comparer entre les espèces semblables.
2.2.1. - MORPHOLOGIE CORPORELLE
L'utilisation des caractères externes a servi depuis longtemps dans l'identification des espèces de rongeurs (Fig. 2). Pour cela il est indispensable de prendre les mensurations suivantes :
2.2.1.1. - LONGUEUR DE LA TETE ET CORPS (T. + C.)
L'animal est posé sur le dos à plat sans l'étirer. La longueur (T.+ C.) est prise du bout du nez à l'anus. Les mensurations prises sont exprimées en millimètres.
2.2.1.2. - LONGUEUR DE LA QUEUE (Q.)
La longueur de la queue (Q) également exprimée en millimètres, est prise à partir de l'anus jusqu'à l'extrémité du pinceau terminal.
2.2.1.3. - LONGUEUR DE LA PATTE POSTERIEURE (Pp.)
La mesure de la patte (Pp.) va du talon jusqu'au doigt le plus long dont l'ongle est inclus. Elle est exprimée en millimètres.
2.2.1.4. - LONGUEUR DE L'OREILLE (Or.)
La mesure de l'oreille (Or.), exprimée en millimètres est faite depuis l'échancrure antérieure du trou auditif, jusqu'au point le plus éloigné du pavillon.
2.2.1.5. - POIDS (P.)
Pour ce qui concerne la détermination du poids (P.) de chaque espèce, une balance numérique est employée. Le poids est exprimé en gramme.

2.2.2. – MORPHOLOGIE DU CRANE
2.2.2.1. - MENSURATIONS CRANIENNES DES GERBILLINAE
Selon GRANJON et DENYS (2006) les méthodes d'analyses morphométriques ont montré leurs limites dans la détermination de ce groupe d'espèces très homogènes, ce qui a fait appel à la cytogénétique pour organiser la systématique. Les données morphométriques et craniométriques entrent en complémentarité avec la cytogénétique dans la confirmation des individus non ou mal identifiés. Des études ont été faites sur les Gerbillinés de l'Afrique de l'Ouest et qui ont permis d'avoir 21 mesures craniométriques par BERENGERE (2003) (Fig. 3). Les mêmes types de mesures sont faites dans la présente étude :

M.1 : Longueur du foramen incisif.
M.2 : Longueur du palais entre la partie postérieure du foramen incisif et le basi-sphénoïde.
M.3 : Longueur arrière crânienne entre le basi-sphénoïde et le bord antérieur du foramen magnum.
M.4 : Largeur du foramen magnum.
M.5 : Longueur maximale du crâne entre le nasal et l'occipital.
M.6 : Hauteur maximale du crâne entre l'extrémité de la bulle tympanique et l'interpariétal.
M.7 : Longueur de la bulle tympanique entre l'extrémité antérieure de la bulle et le processus paramastoïde.
M.8 : Longueur maximale du rostre.

M.9 : Largeur maximale du rétrécissement inter-orbitaire.
M.10 : Largeur du rostre.
M.11 : Largeur du crâne au niveau de l'extrémité postérieure des pariétaux.
M.12 : Longueur du crâne entre l'extrémité postérieure du rostre et l'extrémité postérieure de l'interpariétal.
M.13 : Longueur de la mandibule entre l'extrémité de l'incisive et le processus articulaire.
M.14 : Longueur de la rangée des molaires inférieures.
M.15 : Hauteur de la mandibule.
M.16 : Longueur de la première molaire M1inférieure.
M.17 : Largeur de la M1 supérieure.
M.18 : Longueur de la rangée des molaires supérieures.
M.19 : Longueur du diastème.
M.20 : Hauteur entre le haut du crâne et un plan défini par les bulles tympaniques et les incisives supérieures.
M.21 : Largeur de la bulle tympanique entre le canal auditif et le processus paramastoïde.
2.2.2.2. - Mensurations crâniennes des Murinae DENYS et TRANIER (1992) ont utilisé différentes mesures crâniennes au Tchad sur
Aethomys hindei (Murinae) (Fig. 4). Dans la présente étude les mêmes types de mensurations sont effectuées :

LGRT : Longueur maximale du crâne prise aux deux extrémités du crâne, en vue dorsale.
WTOT : Largeur maximale du crâne au niveau des arcades zygomatiques, en vue dorsale.
CIO : Constriction inter-orbitaire à l'endroit où le frontal est plus étroit, en vue dorsale.
LBT : Longueur maximale de la bulle tympanique, prise en vue ventrale en position légèrement oblique par rapport à l'axe sagittal du crâne.
MS1-3 : Longueur maximale de la rangée dentaire supérieure, en vue ventrale.
HTOT : Hauteur occipitale maximale du crâne prise en vue latérale, entre la base du crâne au niveau des bulles tympaniques et le point le plus élevé du pariétal.
HMED : Hauteur médiane du crâne prise en vue latérale au niveau des molaires.
LGMDB : Longueur maximale de la mandibule prise sur la face externe entre la pointe de l'incisive et le condyle, dans un plan le plus horizontal possible.
HMDB : Hauteur maximale de la mandibule en vue externe depuis la base de l'apophyse coronoïde jusqu'au sommet de l'apophyse angulaire.
MI1-3 : Longueur maximale de la rangée dentaire inférieure.
WFP : Largeur du crâne au niveau de l'extrémité postérieure des os pariétaux.
3 – RESULTATS ET DISCUSSIONS
3.1. – LISTE SYSTEMATIQUE DES RONGEURS RECENSES DANS LA REGION DE
TOUGGOURT PAR LE PIEGEAGE
Les espèces recensées dans cinq stations à Touggourt appartiennent à la famille des Muridae dont trois espèces de Gerbillinae avec G. gerbillus Olivier, 1801, G. tarabuli Thomas, 1902 et G. nanus Blandford, 1875 et trois espèces de Murinae avec Mus musculus Linnaeus, 1758, Mus spretus Lataste, 1883 et Rattus rattus Linnaeus, 1758. HAMDINE (2000) en travaillant dans la région de Beni Abbès et par un échantillonnage en ligne a signalé les mêmes espèces de la sous famille de Gerbillinae qu'on a trouvé par le piégeage aléatoire. Par contre cet auteur n'a pas signalé la présence des espèces de Murinae trouvées dans le présent travail. HAMDINE et al. (2006), dans la région d'El Goléa ont signalé par un échantillonnage en ligne, la présence de l'espèce Gerbillus campestris en plus des espèces de Gerbillinae signalées. A l'Afrique de l'Ouest, BERENGERE (2003) a signalé six espèces de Gerbillus outre que les espèces trouvées. KOWALSKI et RZEBIK- KOWALSKA (1991), notent que l'espèce Mus musculus se situe dans les oasis du Sahara algérien notamment à Touggourt, par contre ni Mus spretus, ni Rattus rattus ont été signalé par ces auteurs dans la région.
3.2. – RESULTATS ET DISCUSSIONS SUR LES INDICES ECOLOGIQUES APPLIQUES AUX RESULTATS DU PIEGEAGE DES RONGEURS DANS LA REGION DE TOUGGOURT
Dans ce qui va suivre sont présentés les discussions sur la richesse totale, l'indice d'abondance relative et la fréquence de capture.
3.2.1. – RICHESSE TOTALE DES ESPECES DE RONGEURS CAPTUREES DANS LES
DIFFERENTES STATIONS D'ETUDE
Le piégeage aléatoire utilisé comme outil de capture des rongeurs a permis de piéger 6 espèces (Fig. 5). La richesse totale la plus élevée est enregistrée dans la station de Sidi Mehdi où nous avons noté une richesse maximale au mois d'octobre avec 4 espèces. Dans la station El-Mostakbel, nous avons capturé deux espèces au mois de mars et une seule espèce au mois de février. La richesse totale la plus faible est notée dans la station de bahia et Tebesbest avec une seule espèce recensée seulement. Nos résultats sont proches de ceux trouvés par HAMDINE et al. (2006) dans les milieux arides d'El Goléa et de béni Abbès. Ces auteurs ont recensé à Béni Abbès 7 espèces de Gerbillidés dans un milieu cultivé à Krroua, 4 espèces dans un milieu naturel à Juifa et 2 espèces dans un milieu cultivé à Loubared. Le nombre total d'espèce inventoriée à El Golea varie entre 3 espèces dans un milieu naturel à Bel Bachir et 4 espèces à Hassi El Gara. KHIDAS (1993), dans une étude menée en Kabylie, signale une richesse totale égale à 5 espèces. Nos résultats sont proches de ceux trouvés par cet auteur.

3.2.2. – INDICE D'ABONDANCE RELATIVE DES ESPECES DE RONGEURS
CAPTUREES A TOUGGOURT
Le piégeage aléatoire réalisé dans les cinq stations d'études à Touggourt durant la période s'étalant du 21 juillet 2007 jusqu'au 30 avril 2008 totalise 1422 nuits-pièges. Ce piégeage a permis de capturer 78 individus qui se répartissent entre 31 Gerbillus nanus (Gerbille naine), 20 Gerbillus tarabuli (Grande gerbille), 11 Rattus rattus (Rat noir), 9 Gerbillus gerbillus (Gerbille de sable), 3 Mus spretus (Souris sauvage) et enfin 2 Mus musculus (Souris grise domestique). Le taux de capture le plus élevé est noté dans la station de Sidi Mehdi et le plus faible est enregistré à Tebesbest. L'indice d'abondance (I.A. %) se situe entre deux valeurs; la valeur la plus basse est de 0,5 %, elle est enregistrée dans la station de Sidi Mehdi et la plus élevée est de 24 % obtenue dans la station de El-
Mostakbel.
Nos résultats sont similaires à ceux trouvés par HAMDINE (2000) à El Goléa et à Beni Abbès, où il a noté que gerbillus nanus avec 63 individus, Gerbillus gerbillus avec 42 individus, Gerbillus tarabuli avec 30 individus et Gerbillus campestris avec 30 individus sont les espèces les plus souvent piégées.
D'une manière générale, les lits d'Oueds et les sebkhas constituent les milieux de prédilection chez Gerbillus nanus (ZAIM et PASCAL, 1988). PETER (1961), note que la petite Gerbille de sable rouve son biotope préférentiel dans les zones dunaires et les oasis ensablées au pied de l'erg. Les gerbilles sont inféodées aux biotopes sableux.
Le piégeage aléatoire a permis de recenser 6 espèces dans les différentes stations d'études de la région de Touggourt. Dans la station de Bahia, le nombre des nuits-pièges est de 180 avec une seule espèce capturée de la sous famille des Murinae (Rattus rattus), où l'indice d'abondance I. A. % = 5 % avec une fréquence de capture F. % = 100 %.
La station de Sidi Mehdi englobe presque la majorité des espèces capturées. 1080 nuits-pièges ont permis de capturer 31 individus de Gerbillus nanus, 10 individus de Gerbillus gerbillus, 2 Gerbillus tarabuli et Rattus rattus. Mus musculus n'est représenté que par un seul individu. L'indice d'abondance varie entre 0,1 et 3,69 % et une fréquence de capture comprise entre 2,2 et 68,9 %. En plus 83 nuits-pièges ont été effectuées dans la station d'El-Mostakbel ont permis de recenser deux espèces avec des effectifs différents, 17 individus de Gerbillus tarabuli et un seul de Gerbillus gerbillus. L'indice d'abondance relative varie entre 1,2 et 20,5 % et la fréquence de capture est comprise entre 5,6 et 94,4 %.
Au niveau des habitations, 15 nuits-pièges ont permis la capture de deux espèces; il s'agit de 2 individus de Mus spretus et 1 individu de Mus musculus avec des fréquences de capture élevées et un indice d'abondance de 13,7 % pour Mus spretus et 6,7 % pour Mus musculus. A Tebesbest, nous avons effectué 24 nuits-pièges qui ont permis la capture d'un seul individu de Mus spretus avec une fréquence de capture (F. %) égale à 100 % et un indice d'abondance (I.A. %) égal à 4,2 %.

3.3. – RESULTATS ET DISCUSSIONS SUR L'ANALYSE EN COMPOSANTES
PRINCIPALES APPLIQUEE A LA MORPHOLOGIE CORPORELLE DES GERBILLINAE
La projection du nuage de points- individus sur les composantes principales 1 et 2 permet de visualiser une répartition suivant un gradient de taille croissant allant des petits spécimens à gauche vers les grands spécimens à droite. Il ressort de cette analyse, que tous les Gerbillus nanus forment un groupe caractérisé par les faibles mensurations, alors que Gerbillus tarabuli représente les individus les plus grands. Quant au Gerbillus gerbillus, elle se rapproche de Gerbillus tarabuli et est du côté positif de l'axe 1. Nos résultats sont similaires à ceux trouvé par HAMDINE (2000) à Béni-Abbès où il a signalé que Gerbillus pyramidum représente les individus les plus grands et Gerbillus nanus représente les individus qui possèdent les mensurations les plus faible. En plus, il a noté une catégorie d'espèces qui possède des mensurations intermédiaires, représenté par Gerbillus gerbillus et Gerbillus campestris.
Gerbillus gerbillus se rapproche de Gerbillus pyramidum. Tandis que Gerbillus campestris se rapproche de Gerbillus nanus. La dispersion des individus relevée sur l'axe 1 permet une fois de plus, de caractériser Gerbillus nanus et Gerbillus tarabuli qui représentent les limites de la variation de la morphologie corporelle chez le genre Gerbillus de la région de Touggourt.

CONCLUSION

Au cours de la présente étude, il a été possible de réunir un ensemble d'informations précieuses sur la composition de la faune des Rodentia de la région de Touggourt. Lors de notre inventaire dans différentes stations de la région de Touggourt, nous pouvons dire que cette dernière est riche en espèces de rongeurs, certaines d'entre elles n'étaient pas signalées par les études précédentes. En effet, au sein des Rodentia, les Muridae est la seule famille présente dans toutes les stations, surtout dans la station située au centre de la région « Bahia », caractérisée par l'espèce Rattus rattus, ce site est un milieu suburbain ce qui est normal pour ce genre d'espèces de rongeurs. Par contre nous avons eu la chance de capturer un nombre important de Gerbillus nanus dans la station de Sidi Mehdi que ce soit dans la nouvelle palmeraie de la station ou au niveau du milieu naturel, ce qui est nouveau car aucun auteur a signalé que les palmeraies présentent des milieux préférés par cette espèce, ceci peut être expliquer par le fait que la population de Gerbillus nanus existait déjà dans le milieu naturel prés de la station et une fois la palmeraie est construite, l'espèce a trouvé une nouvelle source de nourriture dans laquelle elle s'est installée. En outre, plusieurs espèces ont été trouvées communes entre différentes stations tels que Mus spretus et Mus musculus dans deux stations non seulement lointaines mais aussi totalement différentes de point de vue physionomie. Dans la nouvelle palmeraie de Sidi Mehdi on a trouvé deux espèces communes qui sont Gerbillus gerbillus et Gerbillus tarabuli. De même dans la station d'El-Mostakbel nous avons rencontré les mêmes espèces, ce qui est normal car les deux sites représentent un milieu naturel dans la région où il est habituel de contacter des espèces communes.
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