La Petite Histoire d'Oued Righ

La Petite Histoire d'Oued Righ

vendredi 22 octobre 2010, 15:03

A une centaine de kilométres à l'ouest de Souf s'échelonnent de nombreuses et importantes oasis de wadi righ situés dans un couloir d'érosion large de vingt kilométres .A l'époque qui nous intéresse ici, Wâdï Righ, qui nous est connu grace aux sources arabes (et surtout aux chroniques ibadites) sous le nom de (Wadi) Righ ou bien Arïgh. était jalonné de plusieurs villes et villages fortifiés (Ksars). Plus tard à l'époque d'Ibn Khaldûn (Vlll'/XIV siècle), il y en avait environ trois cents. Nous connaissons les noms de plusieurs de ces lieux , comme Adjlou el-gharbiyya (Adjlû occidentale), Adjlou el-Sharkiya (Adjln orientale), Tïdjït, Kasr BanT Nûba, Tîgurt (actuel Tuggurt) et Waghlâna. Outre ces cinq villes, les sources
et qui sont difficiles à identifier, sauf peut-etre Tin Tamerna, identifiée probablement a Tamerna, Tin Isliman (Sidi Slïmân) situé au nord de Tugurt et de l'oasis d'Akûk (Goûg).
Rïgh ou Arïgh doit son nom aux berbères righas fraction des Maghrâwa, de la grande famille des Zanata. Cependant à côté des Righas. Il y avait aussi d'autres peuplades , ou comme les Banou Wartizalen , les Banou Wilil , Les Banou Zelghin , les Banou Itoufa , les Maghrawa , les Banou Yandjasen , les Babou Lant . Parmi d'autres berberes qui habitaient le Wadi Righ ou qui nomadissaient dans les environs de ces oasis , il faut également nommer les Banou Warmaz , et les trois peuples qui étaient de coutume bedouine , les Banu Warsifan , les Banou Ghomara ou Ghomra et les Banou Sidjasen . Il n'est pas impossible que ces derniers soient identiques aux Banou Sindjas, branche maghrawienne qui habitaient d'après Ibn Khaldoun Wadi Righ encore au VIII/XIV siécle .
L'histoire de Wadi Righ ,avant le VI'/XII' siècle est très peu connue. Les indigènes de ce pays attribuent l'origine de leurs puits à Dhu al Karnayn (le bicornu), c'est-a-dire Alexandre le Grand. Cependant, les oasis de Wâdï Rïgh n'ont jamais éte signalés par les Anciens et elles sont sans doute postérieures à la domination romaine en Afrique du Nord. La première allusion à ce pays dans les sources écrites est liée au grand chef nomade berbère Yazid ibn Zalghin qui vivait à l'époque de l'imam rustumide Aflah Ibn Abdelwahab (208/823-257/871).
Dans la deuxième moitié du IV/X siècle la population de Wâdï Righ se composait surtout de différentes fractions de Maghrâwa ibadites. En 471/1078-l079 commença une guerre civile qui fut la cause de la ruine de ce groupe d'oasis. Une autre guerre eu lieu au Wâdi Rïgh en 502/1108-1109. Ajoutons encore que les oasis de Wadi Righ jouaient au IV/X et au V/XI siécle , un rôle important dans la vie des ibadites nord africains.
La plus importante de toutes les oasis orientales du Sahara septentrional est celle de Wargla. Wardjlan ou Wârklân des géographes arabes médiévaux.
Les origines de Wargla nous sont inconnues. En effet, nous n'avons aucun renseignement sur cette oasis avant la conquête arabe. Cependant, il n'est pas impossible qu'à l'époque du Bas-Empire ait déjà existé, à cet endroit, une bourgade qui était une étape sur la piste caravanière reliant la Numidie au Hoggar et probablement aussi à la boucle du Niger. C'est par cette piste que se faisait le trafic sans doute assez modeste dans l'antiquité, entre la Numidie et le Sahara central On peut retrouver le nom de Wargla dans
celui de la Kabïla maure des Urceliani dont il est question au VI" siècle chez Corippe. Ce sont peut-être les gens appartenant à cette population qui on bâti certaines habitations de Wargla à une époque antérieure à l'invasion musulmane. A coté de ces habitations primitives, il y avait dans l'oasis de Wargla plusieurs vrais bourgs qui existaient déjà au montent de l'arrivée des premiers Arabes du Maghreb, c'est-à-dire vers le milieu du lc /VII siècle. Largeau signale onze bourgs ou villages qui existaient à cette époque dans l'oasis de Wargla et dont les ruines sont encore visibles.