La Confrérie des Ammariyas de Sidi Ammar Boussenna

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La Confrérie des Ammariya - Sidi Ammar Bou Senna

LES CONFRERIES RELIGIEUSES MUSULMANES
OCTAVE DE PONT - XAVIER COPPOLANI

P 395
A'MMARIA

La confrérie des A'mmarïa est placée sous le patronage de Sidi-A'mmar-bou-Senna, thaumaturge célèbre, ne vers l'an 1712 de notre ère (1123 de l'hégire) à Smala ben Merad, commune de l'Oued-Zenati.
Il était originaire d'une famille d'ouali, affiliée à un moqaddem des qadrïa. Dès sa naissance, il fut entouré d'un pieux respect, grâce aux prophéties d'un disciple d'A'bdelqadcr-El-Djilani qui avait prédit sa Tenue dans le monde et l'avait annoncé comme devant être, un jour, un des plus zélés propagateurs de ses doctrines.
Toute sa jeunesse s'écoula dans les montagnes environnantes, plongé dans la plus grande solitude, vivant avec les fauves, en proie au froid et à la misère, jusqu'au jour où il se lança dans un mysticisme outré. C'était un derouiche, un mystique, dans toute l'acception du mot; il ne tarda pas à se signaler par de nombreux miracles et à grouper, autour de lui, une véritable légion de foqara, qui, à sa mort élevèrent sur son tombeau situe à Bou-Hammam, tribu des Beni-Caïd, commune de Nechmaya, une koubba devenue la Zaouïa-mère de la corporation (1).
L'impulsion des pratiques de Sidi-A'mmar ne commença à se produire que vers l'année 1815. A cette époque, un nègre, le sieur EI-Hadj-Embarek-el-Mogherbi-el-Bokhari (2), descendant de la famille maraboutique des Bokhar, résidant à Meknès (Maroc), arriva à Alger, où il exerça quelque temps le métier de cordonnier, puis continua son voyage à destination de la Mecque.
Partout, il visitait, à l'exemple des autres pèlerins, les zaouïa qui se trouvaient sur son passage et se faisait un scrupule de s'arrêter aux. endroits vénérés pour y puiser de nouvelles forces.
Au Bou-Hammam, il fut frappé de la vénération que les habitants de la contrée avaient pour Sidi-A'mmar-bou-Senna; il remarqua le manque de cohésion qui régnait parmi les disciples du saint. Aussi, jugea-t-il à propos de terminer son voyage et, dans le but de former une corporation avec ces éléments épars, il s'installa au tombeau de l'ouali, où il se distingua bientôt par une ardente charité et un dévouement a toute épreuve. Il s'intitula, lui-même, le pieux serviteur de Sidi-A'mmar-bou-Senna (khedim) et, sur ses pressantes sollicitations, il obtint, de l'oukil, l'insigne honneur de charrier sur son dos d'une source située à un kilomètre environ du tombeau, l'eau nécessaire à désaltérer les pèlerins.
Son dévouement lui valut de nombreuses faveurs, et, entre autres celle de surveiller les zerda que les croyants donnaient, deux fois par an, en l'honneur de Bou-Senna.
Cette marque d'attachement lui valut quelque prestige aux yeux des compagnons du saint; mais, leur stupéfaction fut grande lorsqu'en 1820, ils apprirent que le nègre marocain avait reçu le don des miracles et qu'il se préparait a continuer l'oeuvre de leur patron. Ils se rendirent en foule au Bou-Hammam, suivis de fervents de tous les points de l'Algérie et de la Tunisie et, après avoir immolé les plus beaux taureaux de leurs troupeaux, ils demandèrent à Sidi-el-Hadj-Embarek de les initier aux révélations qui lui avaient été faites par leur maître. Ils écoutèrent religieusement les récits des visions de Sidi-el-Hadj-Embarek qui leur donna ainsi une preuve évidente de son fervent mysticisme, de ses exorcismes et pouvoirs divins dont il était le détenteur par la volonté de Sidi-Ammar. Ses paroles furent accueillies avec joie et il fut proclamé le khedim (serviteur) de Sidi-A'mmar-bou-Senna. Mais, là ne se bornait pas son ambition. Il choisit les plus fervents de ses auditeurs avec lesquels il parcourut toute l'Algérie, la Tunisie et une grande partie de la Tripolitaine.
Contrairement aux procédés employés par ses devanciers, il installait, dans chacun des principaux centres qu'il visitait, un de ses dévoués foqra auquel il donnait le nom de khalifa, avec la mission de recruter des adeptes.
Ces centres, devenus lieux de propagande, étaient judicieusement choisis : tantôt, c'était une modeste chambre qu'il louait, aux endroits les plus fréquentés, dans les principales villes de l'Algérie et de la Tunisie; tantôt il faisait bâtir un simple gourbi ou un endroit vénéré où ses khoulafa accordaient l'hospitalité aux musulmans qui voulaient s'y arrêter et où ils se livraient à leurs jongleries.
En 1830, Sidi-el-Hadj-Embarek fit son premier voyage à la ville sainte. Ce pèlerinage lui procura l'occasion de s'allier avec plusieurs derouich de l'Orient qui le considéraient déjà comme un personnage religieux des plus influents. A son retour, il recommença de nouveau ses tournées, et aux jongleries de Sidi-A'mmar il ajouta, pour sa propagande, quelques versets du Coran qu'il avait tirés du dikr de la confrérie des Aîssaoua, dont il était devenu le moqaddem.
En 1836, lors de la première expédition sur Constantine, il nous fut de quelque utilité, et, en récompense des services qu'il avait rendus à notre cause, ou plutôt pour gagner sa neutralité, le général Youssouf lui fit construire une zaouïa avec koubba, à quelques kilomètres de Gelma, sur le versant de la Mahouna, connue sous le nom de zaouïa d'A'ïn-Defla, et devenue, plus tard, sa résidence habituelle.
De 1840 à 1870, Sidi-el-Hadj-Embarek se montra, en même temps qu'un fervent religieux, un politicien habile et parfois dangereux.
Il fit huit fois le pèlerinage de la Mecque, et, chaque fois, son retour fut salué par les acclamations de ses adoptes, de plus en plus nombreux.
Il fit également un voyage au Maroc, son pays natal, où il étudia le dikr des Hansalïa à la zaouïa-mère de cet ordre, située à Dadès, et reçut le brevet de moqaddem du grand dignitaire de la zaouïa de Mouley-Idris.
L'influence qu'il avait acquise, lui valut, à son retour, d'être porté en triomphe de Guelma au Bou-Hammam, par une population fanatique et enthousiasmée par ses pieuses prédications (mai 1876), A cette époque, il sollicita l'autorisation de faire construire une chambre au tombeau de Sidi-A'mmar-bou-Senna, où il comptait désormais s'établir. Mais, pour des raisons politiques, cette autorisation lui fut refusée. Lorsqu'il se rendait au Bou-Hammam, il y régnait en maître incontesté; l'oukil lui remettait les offrandes des fidèles, et lui, veillait à l'entretien du marabout.
Quelques compagnons de Sidi-A'mmar qui, tout en reconnaissant ses qualités maîtresses, n'avaient jamais voulu jusqu'alors consentir il lui remettre, directement, une part des ziara que les musulmans leur faisaient, comme cela se pratique dans les ordres religieux disciplinés par un rituel, sévère sur ce point, lui demandèrent I'ouerd et le reconnurent chef de la corporation.
De 1882, date la formation réelle de l'ordre :
Le dikr fut composé, après la campagne de la Tunisie, à l'instigation du cheikh Sidi-el-Mazouni, du Kef, qui avait vu dans la confrérie de Sidi-A'mmar le noyau d'une branche secondaire des Qadrïa dont il est un des principaux moqaddem.
Sidi-el-Hadj-Embarek suivit les conseils de Sidi-el-Mazouni, mais complètement illetré, il fut obligé de dicter le dikr de l'ordre à un de ses dévoués khoddam, devenu le gendre de son fils et actuellement chef des tolba de la confrérie. Ce dikr est appris aux affiliés qui possèdent les qualités essentielles pour arriver au moqaddemat.

DIKR OU RITUEL
Les prolégomènes sont peu étendus. Sidi-el-Hadj-Embarek se pose en chef de la confrérie et n'étend sa chaîne mystique qu'à Sidi-A'mmar-bou-Senna, placé lui même sous la protection divine.
Quelques eulama, affiliés à la corporation, depuis 1882, prétendent que Sidi-A'mmar-bou-Senna n'était qu'un fervent de la confrérie des Qadri'a et, à ce titre, ils ajoutent à leur diplôme de moqaddem la chaîne mystique de Sidi-A'bdelqader-el-Djilani, malgré l'avis contraire de Sidi-el-Hadj-Embarek.
" Louange â Dieu unique.
" Il n'y a de durable que sa louange.
" Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ;
" Que Dieu répande ses bénédictions sur Mohammed, que le salut soit sur lui.
" Voici les prolégomènes de la voie divine dos oeuvres saintes, voie de Sidî-A'mmar- bou-Senna, que Dieu nous fasse profiter de ses exemples. Amen.
" Elle a été (la voie divine) prise sur lui (Sidi-A'mmar) par le maître, l'astre, la lumière, l'ami de- Dieu, le saint par excellence, le célèbre Sidi-el-Hadj-Embarek ben Mohammed-el-Mogherbi-el-Bokhari qui l'a donnée (mot à mot qui l'a prise) à Tahar ben Ali ben rharbia-el-Handaoui qui la récitera toutes les nuits et tous les jours et il adorera Dieu, que sa louange soit proclamée,
" II n'y a d'autre Dieu que Lui ".

Vient ensuite l'ouerd qui n'a de particulier que l'exaltation de Dieu qu'on y remarque à chaque phrase.
Les formules, choisies pour la plupart dans le Coran, ont une certaine analogie avec celles des Qadria et des Aïssaoua.
La nuit est recommandée aux adeptes de préférence à la journée, tenant, en cela, compte des doctrines des Chadelîa et de leurs dérivés qui prétendent que la prière de la nuit est plus méritoire .

Ouerd de la nuit du Dimanche
" Recitez 500 fois :
" II n'y a de puissant que Dieu,
" L'exalté, le magnifique.
" Se prosterner ensuite 40 fois. "
Ouerd de le nuit du Lundi
" Récitez 600 fois :
" II n'y a pas d'autre divinité que Dieu ;
" Mohammed est son prophète, que le salut soit sur lui. " Se prosterner ensuite 50 fois en récitant quelques versets du Coran
Ouerd de la nuit du Mardi
" Récitez 700 fois :
" Que la louange de Dieu soit proclamée ;
" Louange à Dieu ;
" II n'y a pas d'autre Divinité que Dieu ;
" Dieu est grand ;
" O secours divin ! aide les infortunés ;
" O Dieu ! aide-nous ;
" Aide-nous, ô Dieu ! " Se prosterner ensuite 50 fois en récitant quelques versets du Coran ",
Ouerd de la nuit du Mercredi
" Récitez 500 fois :
" (Le chapitre Ier du Coran commençant par) : " Louange à Dieu. Maître de l'Univers.....
" Se prosterner ensuite 40 fois en récitant quelques phrases du Coran
Ouerd de la nuit du Jeudi
" Récitez 700 fois:
" II n'y a pas d'autre divinité que Dieu ; " II n'y a rien de plus puissant que Dieu ;
" II n'y a d'autre divinité que Dieu ; " Aïssa est l'ami de Dieu. Il n'y a d'autre divinité que Dieu, " Moussa est la parole Dieu. " II n'y a d'autre divinité que Dieu ; Brahim est l'ami de Dieu. " Il n'y a pas d'autre divinité que Dieu ; Mohammed est le seul compagnon de Dieu. " Se prosterner ensuite 500 fois en récitant quelques phrases du Coran.
Ouerd de la nuit du Vendredi
" Récitez 700 fois :
" Tout périra excepté Dieu ;
" Le meilleur jugement est celui de Dieu ;
" Vous retournerez tous à Lui (à Dieu) ;
" Tout ce qui est sur la terre passera ;
" La face seule de Dieu restera environnée de Majesté et de Gloire,
" Dieu dément, préserve-nous des démons !
" Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux. a Se prosterner ensuite 30 fois en récitant quelques phrases du Coran ".
Ouerd de la nuit du Samedi
" Récitez:

" Les Sourates Taha (chapitre 20 du Coran) ;
Yacin (chapitre 36 du Coran) ;
El-Molek [chapitre 67 du Coran).
" Se prosterner ensuite 30 fois en récitant quelques versets du Coran :
Enfin viennent les dernières recommandations qui prescrivent aux fidèles la récitation de quelques sourates du Coran, à n'importe quel moment de la journée.
" Voilà le chemin par la prière qui conduit à la lumière divine, du cheikh de la secte et imam de la justice divine, notre Seigneur et maître (après Dieu) qu'il nous protège! Sidi-A'mmar-bou-Senna, Dieu nous maintienne avec lui, arnen.
" Je vous recommande, ô frères ! Obéissance au Clément (Dieu) et de réciter à la fin de chacune des cinq prières précitées :
" Dieu est seul et n'obéissez qu'à Lui.
" A chaque moment de la journée, l'ouerd du chef de le l'ordre : " Dieu aime ceux qui se recommandent à Lui.
" Réciter la sourate Alhadar (chapitre 97 du Coran) :
" Nous avons descendu le Coran dans la nuit d'Alkadar ;
" Qui le fera connaître les bienfaits de la nuit d'Alkadar ;
" La nuit d'Alkadar vaut plus que mille nuits ;
" Dans cette nuit les anges et les esprits descendent dans le monde avec
la permission de Dieu pour régler toutes choses ; " La paix accompagne cette nuit jusqu'au lever de l'aurore.
" Ajouter (sourate II, verset 256) : " Dieu est le seul Dieu ; " II n'y a point d'autre dieu que Lui ; " Le vivant, l'immuable, etc.... " Jusqu'à la fin. (Sourate 59). Une partie du verset 23 commençant par;
Le Sauveur {Dieu}, le Fidèle, le Gardien... (Sourate 73), Fin du 20e verset commençant par: Dieu est tout-puissant;
Tout bien que vous avancerez, vous le retrouverez auprès de Dieu; Cela vous vaudra mieux;
Cela vous vaudra une plus grande récompense; Implorez le pardon de Dieu car il est indulgent et miséricordieux.
" (Sourate 122, l' Aube du jour};
Dis : Dieu est un ;
Cest le Dieu à qui tous les êtres s'adressent dans leurs besoins ;
Il n'a point enfanté et n'a point été enfante ;
Il n'a point d'égal en qui que ce soit.
" L'auteur (de l'ouerd) qui précède est le cheikh A'mmar-Bou-Senna, que Dieu l'aide et proclame sa louange ",
Les adeptes qui parviennent à enseigner le dikr reçoivent le titre de moqaddem et sont chargés de la direction d'une zaouîa. On exige, en outre, qu'ils aient une certaine notoriété. Enfin, ils doivent avoir donné, pendant plusieurs années, des témoignages indéniables de dévouement à la Confrérie.
L'investure a lieu, ordinairement, a la zaouîa d'Aîn-Defla, en présence des principaux dignitaires de la Confrérie. Placé en adoration devant le cheikh, le néophyte écoute ses nouveaux devoirs pendant qu'un taleb les consigne sur une feuille de papier qui forme l'idjesa.
Le nouveau dignitaire fait ensuite v?u d'obéissance passive et reçoit, outre le dikr, le drapeau de Sidi-Ammai'-bou-Senna, emblème sacré qui doit être religieusement conservé dans la zaouîa qu'il est appelé à diriger.
La cérémonie varie lorsqu'il s'agit du recrutement d'un ou de plusieurs foqra : les moqaddim, tolba et autres font place aux khoulafa chargés de surveiller les épreuves mystiques auxquelles sont soumis les pénitents.
S'ils sont reconnus aptes à exécuter les exercices imposés aux membres actifs de la confrérie, le cheikh les couvre à tour de rôle du drapeau de Sidi-A'mmar, en même temps que les musiciens font entendre les sons de la casba et les roulements du bendir. Ils reçoivent, quelque temps après, leur destination pour un centre de propagande, et suivant les progrès qu'ils accomplissent dans la voie mystique, ils sont élevés à la dignité de khalifa.
Aucune garantie morale n'est exigée des foqra. Ce sont, en général, des fanatiques inconscients sous la direction immédiate de moqaddim peu considérés par les Eulama, mais respectés par la masse.
La confrérie est fractionnée en trois branches à la tête desquelles sont placées des chioukh indépendants. Nous avons déterminé leur importance respective dans l'état ci-après (1) :
Indépendamment des confréries issues des Qadrïa et de celles aux pratiques extérieures similaires, il y a, disséminées dans le monde musulman, un certain nombre de corporations de jongleurs, de visionnaires, de charmeurs de serpents, d'exorcistes qui peuvent être citées, ne serait-ce qu'à titre documentaire.
Ce ne sont pas des confréries proprement dites, n'ayant aucune organisation intérieure ni aucun des principes fondamentaux qui caractérisent ces associations. Mais, étant donné le pouvoir mystérieux que les crédules attachent à leurs exercices grossiers et le rôle d'émissaires que leurs membres remplissent parfois, nous croyons devoir mentionner celles qui sont particulièrement connues en Algérie.
Les Oulad-Moussa doivent leur puissance thaumaturgique à leur patron Ahmed - Moussa, marabout célèbre de Marrakech où il est enterré. Ils sont en assez grand nombre dons les provinces du Soûs et du Dra'a, d'où ils parcourent tous les marchés du Maroc et ceux des départements d'Oran et d'Alger. On les rencontre aussi, par bandes, dans l'Extrème-Sud marocain. Partout, ils se livrent à leurs exercices comparables a ceux des saltimbanques de nos foires, ou charment des serpents, faisant, ainsi, l'admiration des badauds émerveillés.
Les Hamdoucha et leurs frères dissidents les Dghorina, de Meknès, peuvent être comparés aux A'ïssaoua dont ils ne sont, du reste, que des fractions. Ils sont connus dans les contrées septentrionales du Maroc et dans quelques localités du département d'Oran.
Dans la commune mixte de Zemmora, sur un rocher qui domine la vallée de la Mina, existe la koubba du fameux Sidi-Mahammed ben A'ouda. Elle est légendaire par les lions mendiants que les khoddam de ce saint homme promènent à travers les tribus et dans les villes algériennes, en souvenir de leur saint patron qui, du fond de son tombeau, les protège contre la colère du roi des animaux.
Les Beni-A'bbas sont en souvenir dans la petite Kabylie du département de Constantine. On en rencontre dans les grandes villes du département d'Alger où ils cessent, peu à peu, de se livrer à leurs jongleries peu goûtées, pour s'adonner à l'industrie.
Dans la petite commune de Kelterman, un certain Ben Nahal a réuni, dans sa zaouïa du Fedjoudj, plus de 200 foqra avec lesquels il se livre à l'exploitation de ses coreligionnaires crédules.
Son aïeul et patron, compagnon de Sidi-A'mmar-bou-Senna est enterré à Bou-Hakim, commune de l'Oued-Zenati, où les fidèles de la contrée se rendent annuellement pour célébrer sa mémoire.
La popularité de Ben-Nahal ne s'étend pas au-delà de l'arrondissement de Guelma, où elle est, d'ailleurs, combattue par les A'mmaria, dont ils ne sont qu'une branche dissidente.
En Tunisie et en Tripolitaine, les corporations de cette catégorie seraient fort nombreuses.

" El-Hadj-Embarek-el-Almoghrbi-el-Bokbari est un descendant des nègres qui furent attirés du Moghreb à Meknès par le sultan Moulay-Ismaïl qui, placés sous la s protection d'un saint de l'Islam, Sidi el-Boukhari, formèrent cette garde noire entièrement dévouée au sultan, sans aucun lien avec la population indigène arabe ou berbère et qui a constitué, pour les souverains du Maroc, une grande force .
" Au moment de la mise on pages on nous signale, de Guelma, le décès de Sidi-el-Hadj-Embarek.
Ce pieux personnage était impotent depuis plusieurs années. Il vivait dans sa zaouîa d'Aïn-Defla où il etait considéré comme une sorte de fétiche. Son grand âge (il avait plus de 110 ans) est un cas de longévité peu ordinaire que ses disciples exploitaient au plus grand profit de leur confrérie et de leurs intérêts

Petite Légende de Sidi Ammar

samedi 9 octobre 2010, 14:19

La Légende répandue dans les oasis du Righ raconte que les deux éminents Cheikhs Sidi Abdelkader El Djillali et Sidi Essebti Ben El Abbas étaient amis intimes et se sont accordés a voyager ensemble , sur leur route , Sidi Abdelkader dit à son ami :

  • Dit Que dieu nous protège des invocations du vrai et du faux - Gol Allah yamnaana Man Daouat El Hak wa El Batal !

Cheikh Essebti répondit : Je ne ferais le mal , je ne verrais un autre - Ma nakhdam Char ma natlaka Akher !
Quand ils arrivèrent à un petit village, ils ont étés accueillis chaleureusement , et selon les moyens des habitants du village , à l'heure du coucher chacun d'eux a été invité à passer la nuit chez un habitant .
Lorsque Cheikh Essebti arriva devant la porte de son compagnon de nuit , celui-ci informa sa femme de la venu de son hôte , ses paroles ont mis sa femme hors d'elle , puisqu'elle n'avait rien à lui offrir comme diffa .Le mari lui ordonna de préparer une Kesra (Pain Sec) , qu'ils dégustèrent ensemble et dormirent ensemble jusqu'à ce que le muezzin du village lance l'appel de la prière d'Elfedjr , à ce moment la femme entra dans la chambre un couteau à la main et égorgea sauvagement son mari , et mis de grandes taches de sang sur les habits du Cheikh Essebti , puis elle a caché le couteau dans sa longue et épaisse chevelure et elle est ressortie en simulant qu'elle va les réveiller , elle entre dans la chambre et se mis a crier en pleurant le défunt mari .
Les gens du village accourent de tous cote dans l'espoir de secourir la femme du danger qu'elle devait vivre.
Le Cheikh du village a la vue du corps décapité du mari ordonna a ses acolytes de mettre la main sur Cheikh Essebti et après un jugement rapide et expéditif, ils conclurent de le mettre à mort en le brûlant , ainsi les jeunes commençaient déjà à ramener du bois .
Sidi Abdelkader avise de ce qui vient de se passer, accouru dans l'espoir de pouvoir sauver la vie de son compagnon, il intervient gentiment en demandant à connaître la vérité : Puis il interrogea la femme : Est-ce que la femme du défunt est enceinte ?
On lui répondu par l'affirmatif, il leur demanda de la lui ramener .Quand elle fut devant lui il lui demanda : Est-ce que tu es enceinte ?
Elle répondit : Oui au septième mois !
Il répliqua : Est-ce que vous me croyez si le fœtus nous raconta la vérité du décès de son père !
Eblouis les villageois acceptèrent sa proposition. Il s'avança auprès de la femme et posa sa main sur son ventre et ordonna : O Fœtus racontes nous se qui vient de se passer !
Le fœtus lui répondit trois fois de suite : Si tu te porte garant de ma vie !-Sidi Ida Dhmantni !
Le Cheikh lui dit : Je te la garantis et le garant est Allah - Adhmnak w dhaman Allah !
Le fœtus dit : Ma mère a tué mon père et elle a caché le couteau dans sa chevelure !
Le Cheikh prit la femme par son petit doigt de sa main droite et ordonna : O Fœtus sort du ventre de ta mère au nom de dieu !
Le bébé sort, le Cheikh le prends dans ses bras et lui souffla dans l'oreille : que tu soit Ammar et toujours Ammar et tes enfants grands ! - Yadjaalak Ammar Ala Ammar w Wlladak yjou Kbar !
La femme fut brulée dans le feu , et les deux compagnons sortirent du village en compagnie du bébé.
L'enfant grandi sous les auspices du vénérable Sidi Abdelkader Djillali , Jusqu'à l'âge mature , et il commet beaucoup de méfaits et de graves fautes , qui n'ont pas pu passer inaperçu aux yeux perçants du Cheikh , qui a décidé de l'envoyer a son ami Essebti . Ammar se mit aussitôt en route, arriver devant la porte de la maison de Si Essebti il tendu l'oreille et entendit Cheikh Essebti entrain de parler à des invités dans la maison , après un instant il frappa à la porte et le somma d'entrer .
A son grand étonnement il ne trouva personne avec le Cheikh, Il était pratiquement seul . Après un bref entretien, il lui a demande de retourner auprès de son Cheikh , Ammar refusa de partir sans connaître la vérité des gens à qui Essebti causait avant son entrée , cela mettait le Cheikh dans un énervement ; puis il adressa la parole à Ammar en lui disant :

  • Va voir Echeikh je vais lui parler !

Et il parti à son arrivé, il trouva Cheikh El Djillali entrain de faire sa prière du Dohr . Quant il eu terminé sa prière il lui demanda :

  • Qu'est ce qui t'as retarder !

Ammar répondit : C'est Cheikh Essebti !
Cheikh Djillalai savait que cela est mensonge. Dans sa révolte de colère , il poussa Ammar très fort qu'il s'est retrouver dans un endroit lointain et inconnu , dans un jardin , il trouva des Houriat entrain d'entretenir le jardin , il leur demanda une grappe de raisin , et il s'étonna que lorsque la grappe est arrachée une nouvelle grappe pousse a sa place ; peu après il rejoignit le Cheikh Djillali , en implorant son pardon et en lui demandant de le maintenir avec lui ou de le confier à celui qui le désire , ainsi Cheikh Djillali lui dit :
Je te laisse Cheikh Mbarek qui te servira comme il l'a fait avec moi.

VIDEOS RELATIVES A LA PROCESION DES AMMARIA