La a'za - Le Décès

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La a'za - Le Décès


La mort était sujet d'une grande tristesse et mélancolie compte tenu des relations sociales trés charnues et proches , la mortalité natale et enfantine étaient tres fréquentes à cause du manque de couverture sanitaire qui n'était assurer que par les Soeurs blanches ; mais cela ne causait pas beaucoup de peine ; puisque toutes les familles ont généralement perdus quelques enfants , le plus horrible était de perdre ,les sources de revenus ou de pouvoir , et des repères qui étaient les anciens ; dans de tels cas c'était le grand chamboulement , les hurlements, les cris les pleurs , les évanouissements , les femmes qui se tapent le visage les cuisses qui se déchirent les vêtements et puis celles qui chantent les les morts (Nadabats - Nouhats) . Le corps du défunt est entrepose dans la chambre de la Sekifa dans son domicile , lorsqu'on l'emmène au cimetière le portant sur le Naach enveloppe dans un Haouli ;les talebs au premier rang récitant la Borda ; les proches suivent de prés le cortège funèbre les femmes aussi mais de loin font un bon chemin avant de s'arrêter et continuer leurs parades .
Le mort enterre , les gens rejoignent le domicile du défunt s'assoient sur les nattes de Samr , du lait et des dattes leurs sont servis . La triste maison ne prépare plus ses repas , qui sera a la charge des voisins et des proches , qui doivent préparer les repas et les amènent a la triste maison .
Le premier jour de deuil passé la famille se prépare au dîner du mort (Aacha El Ghayeb ).

LA MORT - DEUIL - ENTERREMENT-LA TOMBE

LA MORT - DEUIL - ENTERREMENT-LA TOMBE
Une rumeur monte de la rue : des paroles précipitées et graves comme un bourdonnement où les réponses et les demandes se heurtent et on entend sur la terre sèche les pas qui se hâtent des pieds nus.
La rue est étroite parmi ces maisons sans fenêtres et de terre séchée au soleil ; aussi le groupe humain aux jambes nues, aux manteaux traînants, bariolés selon la formule, s'y coudoie et s'y bouscule, se dilatant ou se rétrécissant selon les dimensions capricieuses de la voie. J'ai dû, pour le laisser passer, m'effacer sur un seuil; personne ne m'a regardé ; tous et chacun, ils prononçaient une phrase, la même, et cela faisait un peu comme les répons aux litanies, le soir, dans un religieux village flamand où les hommes prient encore à haute voix.
Comme ils passaient, j'ai vu. Au-dessus d'eux était portée (par qui? par tous..., car tous s'empressaient sous elle, autour d'elle), une civière verte avec deux bords relevés dans le sens de la longueur et qui en faisaient un bac ; sur cette civière, une forme énigmatique, dans une étoffe grisâtre, s'allongeait sur une natte d'alfa : un mort.
J'ai à peine eu le temps de voir. J'ai emboîté le pas - mais il fallut me hâter - à ce rapide cortège funèbre et cette marche hâtive m'étonnait, habitué à l'allure pompeuse, presque théâtrale, des musulmans. Au-dessus des têtes rouges des chéchias ou blanches des turbans, je voyais la civière charriée par le flot humain et comme roulée. Elle passait d'épaules en épaules, les hommes s'empressant au devoir de porter un instant celui qui avait été un homme et cela, ce groupe multicolore passant de l'ombre au soleil, ces voix qui psalmodiaient, cette inquiétante forme humaine douée de l'angoissante vie des épaves sur les vagues, cela dégageait une impression qui me domina.
Déjà nous sortons du ksar. Ce sont maintenant, enclos de murs de terre, les jardins ruisselants d'eau où l'orge est mûre sous la bénédiction des palmes, où les fèves aux fleurs blanches tachetées de noir ont des odeurs, nostalgiques pour moi, de champs lointains, de mon pays. Déjà, à travers les colonnes végétales de la palmeraie, on voit le désert où cette oasis est perdue comme une petite île de verdure et d'humanité assaillie par les vents du large, inondée des feux du soleil.
On s'est brusquement arrêté... Nous sommes dans un terrain vague tous bosselé. Nous trébuchons à des pierres dressées, nous escaladons des tertres : c'est le cimetière.
Un trou béant : c'est la fosse. La civière, descendue des épaules, est noyée au milieu du groupe. Je ne vois plus, j'entends.
Les hommes, debout, regardent la forme de l'homme qui va disparaître. Discret, je n'essaie pas d'atteindre au premier rang.
Autour de moi, champ de la mort, c'est la terre argileuse, toute crevassée par la chaleur, la terre nue. Au moins vers Alger, le cimetière musulman, bordé d'aloès bleus, est noyé sous l'envahissement des tristes asphodèles à l'acre et animale odeur. Ici, au désert, c'est la terre nue. Cela complète l'impression mâle de cette marche rapide vers la mort, vers le trou où l'on étend, sans cercueil, dans son burnous, le Musulman qu'Allah a rappelé. C'est d'une sereine et grave beauté.
Hier, quand il agonisait, un taleb à dit doucement au moribond les fortes paroles du Livre ; il n'a point anémié son courage suprême par des phrases mielleuses : " En quelque lieu que vous serez la mort vous atteindra. Elle vous atteindrait sur des tours élevées. La jouissance de la vie d'ici-bas est peu de chose. La vie future est le seul bien pour ceux qui craignent Dieu... "
Et l'agonisant s'est à jamais endormi en murmurant la formule de l'unité divine. Si, au moment d'expirer, la voix lui fit défaut, ses proches levèrent ses mains moites et cela suffit ; ses mains témoignaient pour lui de sa foi dans l'unité.
Autour de lui, si les femmes ont poussé des cris déchirants et rituels, les hommes n'ont pas pleuré. La mort leur est familière et, fraternellement, pendant que les uns allaient creuser sur sa tombe, d'autres lavaient son corps avec l'eau la plus pure.
Pourquoi pleurer? Ce qui est écrit est écrit. Les femmes peuvent gémir, que savent-elles? Mais les hommes savent qu'il est puéril de s'insurger contre l'inévitable, ils savent qu'Allah est clément et miséricordieux...
Ce sont des mains rudes et fraternelles qui déposent dans la fosse étroite celui qui n'est plus ; mais leur fraternité n'est pas émotive, elle procède de loin, elle est dans la loi commune, dans la conscience du sort commun, dans la même et unique sujétion aux arrêts du destin.
Je ne vois pas ce qui se passe au centre du groupe qui entoure la fosse. Mais je sais. Le cadavre confié à la terre dans une sorte de rigole, au fond de la fosse, juste assez large pour lui, est couché sur le flanc droit, tourné vers la Mecque, tourné vers cet orient qui baigna sa face de lumière, pendant ses jours vécus, aux heures matinales. C'est ainsi qu'il attendra le réveil, dans cette posture de dormeur que ses frères ont " bordé " sur la couche dernière.
Jusque dans la tombe l'attitude du Musulman est belle ; son burnous enveloppe le fidèle qui sera prêt au jour de l'appel.
On dépose au-dessus de lui, sur les rebords de la rigole, au fond de la fosse, de larges pierres plates qui préserveront son corps de l'insulte des fauves puis on rejette la terre...
La cérémonie, si on peut dire, fut brève ; une voix, à laquelle les autres voix firent un religieux écho, prononça quatre fois la même phrase sacrée. Et ce fut tout. Quoi? Pas de vain discours où s'affirme une douleur qui se veut peut-être sincère? Pas de larmes, au moins de rhétorique? Et déjà le groupe humain s'était dispersé. La fosse était comblée. Le tertre bombait à peine reconnaissable, parmi des centaines de tertres bombés, à sa terre plus meuble, plus fraîchement remuée, mais que le soleil ardent figerait et gercerait tantôt en un bloc de dure argile.
Ce qui me laissait stupéfait c'était la rapidité de cette scène. A elle seule, elle dégageait l'essentielle leçon ; sédentaire ou nomade, passager sur la terre, rêveur éveillé, dormeur debout, l'Arabe avait conduit au seuil du monde visible celui qui, brusquement, à l'appel d'Allah, avait ouvert ses yeux au monde invisible. Pour lui, il continuait cette vie rêvée dans le rêve, où le bonheur consiste dans les couleurs,- les femmes et les chevaux.
Le cimetière était déserté. J'y étais seul. Le soleil projetait l'ombre bleue des talus mortuaires. Rien ne tentait de satisfaire à la vanité humaine, ni ces pierres laidement taillées, ni ces verroteries dignes de peaux-rouges qu'on voit en d'autres lieux funèbres.
Pendant quelques jours une âme, mal détachée d'un corps auquel elle fut liée, se débattrait comme un oiseau captif pour prendre son essor au-dessus d'une tombe. Cette nuit, un vol blanc, larges ailes silencieuses, s'abattra ici près. L'ange Gabriel interrogera sévèrement l'âme. Ce dramatique dialogue, que d'aucuns disent avoir surpris malgré eux, écarte les vivants des tombes neuves, mais pendant peu d'instants. Demain le chevrier mènera son troupeau capricieux à travers les tombes ; les souples enfants aux pieds nus mettront de la joie et des taches de vive couleur sur cette argile et les vieillards parleront familièrement du passé et de ceux qu'ils ont connus.

Tradition funéraire-Décès & enterrement

L'agonisant est en principe accompagné par les proches et la famille. Le moribond tenait selon la tradition à ordonner verbalement ou par écrit à ses héritiers sa dernière volonté "Waciya"
(testament- Mon désir est le suivant ..)
A l'approche de la mort, l'entourage doit lui tourner la tête dans la direction de la Mecque et l'inciter à prononcer l'attestation de foi "Chahada" " ACHADOU AN LA ILLAHA ILLA ALLAH OUA MOHAMAD RASSOUL ALLAH ". " Je jure qu'il n'y a point de dieu en dehors d'Allah et que Mohamed est son prophète ", afin de lui faciliter l'interrogatoire auquel deux anges le soumettront dans le tombeau. Il la prononcera l'index levé en témoin.
A l'annonce de la mort, les femmes incapables de contenir leurs souffrances poussent des cris stridents allant jusqu'à s'évanouir dans un cercle en transe. Autrefois, on faisait appel à une "nawaha" (pleureuse) pour stimuler les lamentations.
La vrai cérémonie funèbre "Aza" commence avec le "Berrah" circulant un pied dans les principales artères de la ville annonçant la mort du défunt, son adresse,le jour et l'heure de son enterrement selon une formule spécifiquement Touggourti dont l'origine remonte à l'Imam Sahnoun (Rénovateur de l'école malékite Cadi à Kairouan en 234 H)

L'enterrement a lieu à même la terre avec une stèle funéraire en moellon de pierre .
Le défunt est lavé (lavage purificateur) et embaumé de parfums spéciaux ensuite entouré de linceul blanc "Kfan" taillé dans un coupon de calicot .
Si le défunt avait accompli le pèlerinage à la Mecque "Haj", ce linceul est le vêtement dont il s'est servi durant ce moment de purification.
Avant enlèvement de la dépouille la famille du défunt pleurant à chaudes larmes demande le pardon "Smah" il doit être rapidement inhumé.
La famille et les proches accompagnent la dépouille derrière le convoi funéraire "janaza".Autrefois les "tolbas" dirigeaient le cortège funèbre en scandant :
Ya Allah ya Rahman
Yan rabi Wa anta Arahim
Aghfar Lina Wa Laho
Min Fadlika ya Karim
Les gens s'entraident pour porter la civière "Naach" ou "tabout" sur les épaules (offerts par des particuliers pour la baraka .
Depuis les années soixante dix le cadavre peut être transporté en fourgon mortuaire. Au passage, les voitures par respect à la mort et au défunt s'arrêtent un instant , les gens attroupés dans un café se lèvent jusqu'au passage du cortège funèbre .seuls les hommes accompagnent le défunt au cimetière. Les femmes restent au foyer continuer leurs pleurs et lamentations.
L'enterrement a lieu généralement l'après midi vers 16 H après la prière d'El Asr Au cimetière avant l'inhumation, une prière est dite face au cercueil "salat el maïet"(prière au mort).
Au cours de l'inhumation on commence par l'éloge funèbre "taâbin", on récite quelques versets du coran en cloturant par des "Doa" (voeux).
Une fois le mort enseveli sous terre sur le coté droit le visage face à la Mecque .
Ensuite les membres de la famille du défunt se rangent l'un à côté de l'autre à la porte principale du cimetière pour recevoir les condoléances. Les gens disaient à chacun de vive voix sans les saluer à la main "Barka fik" (bénédiction sur toi) et l'autre répond "Ibarek Fik" Dayem Rabi .
Durant les trois premiers jours du deuil la famille du défunt ne cuisine pas, elle reçoit le rapas dit du mort "acha mit" de proches et de voisins.
Les gens sont d'habitude trés respectueux de la mort même les ennemis les plus acharnés ne ratent pas l'occasion pour se réconcilier. Ils peuvent ne pas venir à un mariage mais au décès d'un proche ou d'un ami ou même d'un membre de leur famille leur présence strictement personnelle est sacrée et même récompensée par Allah "Thawab". Les gens n'hésitent point à prendre l'avion et aller à un enterrement.C'est une solidarité spirituelle et spontanée face à la mort.
Chez les musulmans, la mort n'est que provisoire. Nous croyons en la résurrection des morts et à la rédemption.
Le coran mentionne qu'au jour du jugement dernier "hissab", les morts se lèveront pour être jugés par Dieu. Ceux dont le bien surpasse le mal iront au paradis "Jenna", les autres qui ont commis de grands péchés et rejeté la parole de dieu seront condamnés aux flammes "Jehannem".
Le deuxième jour après l'enterrement les femmes viennent au cimetière ensuite tous les vendredi faire une "Ziara" (occasion de se rencontrer en famille, de se remémorer la vie du défunt, d'entretenir la sépulture et d'arroser sa tombe d'eau..).
Au prochain "Aïd seghir"(après rupture du jeûne -Ramadan) ou "El kebir" (fête du sacrifice) les femmes font de l'aumône aux pauvres (1er Aïd du défunt).
Les gens empéchés de venir au cimetière peuvent présenter leurs condoléances à la première commémoration de la mort le "frag" (l'adieu) au lendemain du décès ou au plus tard le troisième jour.
Avec adaptation "Mohamed Rebai "
YARHAM MAN MAT W YARZAK MAN ACH
SNIN DAYMA W RGAB SALMA

RBAT LA FEMME SUR UN DEFUNT MARI .

La femme qui a perdu son mari est astreinte au Rbat , impérativement selon la Charia , elle doit s'abstenir de quitter sa maison et de rencontrer ou de prendre contact avec des étrangers pendant une durée de quatre mois et dix jours .Durée nécessaire pour la confirmation qu'elle n'est pas enceinte , c'est la plus longue durée de deuil autorisée en Islam , puisque déjà pour les autres éléments de la famille il n'est pas permis au delà de trois jours .
Après sept jours ( les jours de l'Aza jadis) , elle prends une simple douche , se mets du Kohl et revêt des vêtements propres et et doit obligatoirement attacher sur sa poitrine côté droit un petit couteau bon marché et s'abstient a tout contact avec les hommes , il est préférable qu'elle n'approche pas le Kanoun , c'est à dire s'interdit de cuisiner .
Au bout des quatre mois et dix jours ,elle est amenée par quelques jeunes filles et ces voisines auprès de l'Ain pour quelle puisse prendre un vrai hammam et Tlouh son deuil. Pour cacher l' intimité de son corps les jeunes filles lui tendent une melhafa ,tout en tâchant de ne pas se déshabiller car elle doit mettre des vieilles fripes que les voisines lui collectes . Sa douche terminée , en lui allume un petit feu pour qu'elle s'encense et qu'elle jette les oeufs qu'elle a amenée avec elle , et les jeunes filles encore célibataires commencent leur va et vient au dessus du feu , et celle qui aura la chance de passer lors de l'éclatement d'un oeuf aura la chance de se marier prochainement .