Inventaire des différents cultivars de palmier dattier

Inventaire des différents cultivars de palmier dattier

Inventaire des différents cultivars de palmier dattier (Phoenix dactylifera L.)
des régions de Oued-Righ et de Oued-Souf (Algérie)
Said Acourene1
Abdelkader Allam2
Brahim Taleb1
Mohammed Tama2
1 Institut national de la recherche agronomique, Station expérimentale, BP 17, Touggourt Ouargla Algérie
<acourtgt@yahoo.fr>
<Taleb_brahim2007@hotmail.com>
2 Nezla Tougourt,
Wilaya de Ouargla, Algérie
<Allam_abdelkader2002@yahoo.fr>
Tama_mohamed2007@hotmail.com

Résumé

Cette étude porte sur l'inventaire des cultivars de palmier dattier des régions de Oued-Righ et de Oued-Souf (Algérie). Ainsi, le nombre de cultivars recensé est de 175 pour Oued-Righ et de 56 pour Oued-Souf. Par ailleurs, l'importance de la diversité génétique varie suivant les types de plantations. Ainsi, les plantations traditionnelles renferment l'ensemble des cultivars inventoriés. En revanche, les plantations modernes renferment six cultivars : Deglet-Nour, Degla-Beida, Mech- Degla, Ghars, Tinicine et Tantboucht. Enfin, les plantations nouvellement mises en valeur conservent encore une diversité variétale, même si elle est moins importante. En général, les neuf cultivars suivants ont été dénombrés : Deglet-Nour, Degla-Beida, Mech-Degla, Ghars, Tinicine, Tantboucht, Tafzwin, Tanslit et Hamraya. Néanmoins, sur l'ensemble des cultivars dénombrés, uniquement sept d'entre eux présentent une importance économique réelle, à savoir Deglet-Nour, Degla-Beida, Mech-Degla, Ghars, Tinicine, Tantboucht et Tafzwin ; les autres sont rares et produisent des dattes de faible valeur marchande. Enfin, plus de 50 % des cultivars inventoriés sont menacés de disparition car ils sont âgés et ne produisent plus de rejets.
Mots clés : Algérie, biodiversité génétique, palmier dattier, typologie.

Abstract

Inventory of the different date palm (Phoenix dactylifera) cultivars in the regions of Oued-Righ and Oued-Souf (Algeria) .This study is focused on the systematic inventory of the date palm cultivars found in the regions of Oued-Righ and Oued-Souf. Oued-Righ has 175 cultivars and Oued-Souf 56. The scope of the genetic diversity varies according to the types of plantations.
Thus, traditional plantations present all of the cultivars inventoried. Conversely, modern plantations contain the following six cultivars: Deglet-Nour, Degla-Beida, Mech-Degla, Ghars, Tinicine, and Tantboucht. Finally, recently established plantations still maintain a varietal diversity even though it is less important. Generally speaking, nine cultivars were counted, namely Deglet-Nour, Degla-Beida, Mech- Degla, Ghars, Tinicine, Tantboucht, Tafzwin, Tanslit, and Hamraya. Nevertheless, only seven out of all the cultivars listed have a real economic importance, namely
Deglet-Nour, Degla-Beida, Mech-Degla, Ghars, Tinicine, Tantboucht, and Tafzwin; the others are rare and yield dates of low marketable value. Finally, more than 50% of the cultivars inventoried are in danger of disappearing as they are old and produce no shoots.
Key words: Algeria, date palm, genetic biodiversity, typology.

L'Algérie possède un nombre total de palmiers estimé à 12 035 650 pour une production totale de dattes évaluée à 437 320 tonnes [1].
Du point de vue répartition des palmiers et production de dattes, on peut subdiviser le Sahara algérien en sept régions productrices de dattes : Zibans, Oued-Righ, Oued- Souf, Ouargla, M'zab, Saoura, Touat et Tidikelt [2].
La région d'Oued-Righ couvre une superficie phoenicicole de 24 037 hectares pour un nombre total de palmiers de 2 633 200 [3]. En revanche, la région de Oued-Souf possède une superficie phoenicicole de 6 000 hectares et un nombre total de palmiers estimé à 1 131 124 pieds [3]. Les palmiers de Oued-Souf sont plantés dans des entonnoirs appelés communément ghotts et puisent l'eau directement de la nappe phréatique. Toutefois, les terres nouvellement mises en valeur sous forme de blocs préétablis avec forages de puits profonds commencent à prendre de l'ampleur.
Concernant la diversité génétique, le caractère dioïque du palmier dattier et son nombre élevé de chromosomes (2n = 36) ont pour conséquence une variabilité telle qu'il semble impossible d'obtenir par semis deux plants identiques [4]. Cette variabilité a permis une sélection d'un grand nombre de clones ayant des caractéristiques morphologiques et physiologiques parfois fort différentes [4]. Ainsi, les pays phoenicicoles possèdent un patrimoine génétique extrêmement riche. Il est nécessaire pour bien rendre compte de cette richesse d'en distinguer deux formes : le patrimoine lié à l'existence de millions de palmiers dattiers hybrides provenant de semis de graines et le patrimoine variétal provenant de la reproduction végétative. Ces caractéristiques sont à l'origine de l'existence d'un patrimoine génétique très important et varié. En effet, le nombre de cultivars de palmier dattier recensé est estimé à plus de 500 en Irak, 400 en Iran, 300 en Libye, 223 au Maroc et presque 250 en Tunisie [5, 6].
En Algérie, selon Hannachi et al. [7], l'agriculture de subsistance ancienne a donné naissance à plus de 800 cultivars de dattier sélectionnés localement à partir de semis en fonction de leurs qualités propres (dattes précoces ou tardives, sèches ou molles, à consommer fraîches ou aptes à une longue conservation, etc.).
Les planteurs européens ou français ont développé la culture intensive de deux ou trois cultivars et en premier lieu de la Deglet-Nour qui a la faveur des marchés européens et maghrébins depuis plus de 50 ans. En outre, dans ces deux régions de Oued-Righ et Oued-Souf, plusieurs auteurs ont dénombré plus d'une centaine de cultivars [7-9].
Les objectifs visés par cette étude sont multiples :
– inventaire systématique des cultivars ;
– étude de la diversité génétique phoenicicole ;
– connaissance et caractérisation de ces cultivars ;
– sauvegarde des cultivars présentant des rejets par la création de collections.

Méthodologie

La méthodologie d'inventaire adoptée est celle préconisée lors de l'atelier maghrébin sur la méthodologie de prospection des palmeraies qui s'est tenu à El-Goléa [10]. L'approche utilisée est l'inventaire méthodique de tous les cultivars.

Zonage

On a subdivisé chaque région d'étude en zones d'échantillonnage. Ainsi, les régions d'Oued-Righ et Oued-Souf ont été subdivisées en trois zones. Par ailleurs, chaque zone a été subdivisée en palmeraies et chaque palmeraie en lieux.
Les différentes zones et palmeraies des régions de Oued-Righ et Oued-Souf sont recensées ci-après.
• Région de Oued-Righ
Zone 1 : Haut Oued-Righ. Elle comprend les palmeraies de Goug, Blidet-Amor,
Témacine, Tamelaht, Mahdjoub, Gardeche, Merdjadja, Nezla, Touggourt, Tebesbest, Zaouia-El-abidia, Sidi-Mehdi, Meggarine kedima, Meggarine-Djedida, Meggarine- Elhadada, Ghamra, El-Ksour, El-Harhira, Moggar et Sidi-Slimane.
Zone 2 : Moyen Oued-Righ. Elle comprend les palmeraies de Sidi-Amrane, Skouna, El-Ayata, Tamerna-Djedida, Tamerna-Guedima, Chmarra, Choucha, Djamaa, Ourlana, Tigdidine, Sidi-Yahya, Mazheur, Zaouiat-Riab, El-Arifiane et Tinedla.
Zone 3 : Bas Oued-Righ. Elle comprend les palmeraies de Sidi-Kehllil, El-Berd, Mghaïer, M'sigha, Dendouga, Ourir et Oum-Thiour.
• Région d'Oued Souf
Zone 1 : Robbah. Elle comprend les palmeraies de Robbah, Nekhla et El-Ogla.
Zone 2 : Guemar. Elle comprend les palmeraies de Guemar, Tarzout, Reguiba, El Hamraya, Ouermes, Hobba et El-Afrdji.
Zone 3 : Dbila. Elle comprend les palmeraies de D'bila, Akfadou, Trifaoui, Sidi- Aoun, Hassani-Abdelkrim, Zgoum, El Megren et Hassi-khlifa.

Échantillonnage

La méthode d'échantillonnage utilisée comporte deux phases essentielles :
– phase d'enquête et de repérage : durant cette phase, on a repéré les zones d'échantillonnage selon la situation géographique, l'ancienneté et l'importance de la diversité génétique ;
– phase d'échantillonnage global : cette phase a été effectuée avant et pendant la maturité des fruits. Elle consiste en un inventaire de l'ensemble des cultivars se trouvant dans chaque palmeraie. L'échantillonnage concerne seulement les cultivars sélectionnés par les phoeniciculteurs (appellations locales) et qui ont fait l'objet d'une multiplication par voie végétative.
Il est à noter qu'au moins le tiers des exploitations existantes au niveau de chaque région ont été enquêtées.
Dix à vingt exploitations par type de plantation ont été prospectées dans chaque lieu. Le nombre total d'exploitations enquêtées est de 8 745 à Oued-Righ, soit 37,6 % du total et de 6 752 à Oued-Souf, soit 33,4 % du total. Pour les plantations traditionnelles, le nombre d'exploitations enquêtées est de 5 600, soit 34,4 % à Oued-Righ et de 5 632, soit 32,6 % à Oued-Souf. Concernant les plantations modernes, le nombre d'exploitations enquêtées est de 1 045 soit 100 % d'exploitations existantes à Oued-Righ.
Enfin, pour les plantations de mise en valeur, le nombre d'exploitations enquêtées est de 2 100 à Oued-Righ, soit 35,2 % et de 1 120 à Oued-Souf, soit 38 %.

• Choix des exploitations

Chaque exploitation échantillonnée possède au moins une cinquantaine de palmiers pour les plantations traditionnelles et de mise en valeur. Par ailleurs, pour les exploitations de mise en valeur, on a choisi uniquement celles qui sont mises en culture à plus de 50 % de leurs superficies totales, et ce depuis au moins cinq ans.
Pour les plantations modernes, on a échantillonné l'ensemble des exploitations existantes.
• Établissement d'une fiche descriptive pour chaque cultivar
La fiche descriptive comporte les éléments suivants :
– localisation de l'exploitation ;
– type d'exploitation ;
– nom vernaculaire du cultivar ;
– sens du nom ;
– importance en nombre ;
– répartition (rare, fréquent, peu fréquent, abondant) ;
– classe d'âge ;
– production de rejets ;
– date de maturité du fruit ;
– multiplication (dans quel type de plantation) ;
– arrachage et son remplacement au profit d'autres ;
– y a-t-il une multiplication de ces cultivars
? Si oui, lesquels et pourquoi ?
– les cultivars existants sont-ils entretenus ?
– quelle est la destination des dattes produites par ces cultivars ?

Résultats et discussions

Inventaire

Le nombre de cultivars recensé est de 175 pour la région de Oued-Righ et de 56 pour celle de Oued-Souf (tableau 1 et Annexe 1A et 1B).
Il s'avère que ces deux régions recèlent encore une diversité génétique du dattier, mais celle-ci reste faible par rapport à la région du Touat où on a recensé plus de 500 cultivars [7, 11].
Cependant, la région de Oued-Righ présente une diversité génétique élevée par rapport à la région de Oued-Souf et à la cuvette de Ouargla où on a recensé 58 cultivars [12, 13].
Par ailleurs, le nombre de cultivars recensés varie d'une zone à une autre, d'une palmeraie à une autre et au sein d'une même palmeraie, il varie d'une exploitation à une autre. Ainsi, dans la région de Oued-Righ, la zone du moyen Oued-Righ présente une diversité génétique plus importante, soit 105 cultivars par rapport aux deux autres. En revanche dans la région de Oued-Souf, la zone de Robbah est moins pourvue par comparaison avec les autres, soit 40 cultivars. Toutefois, au regard du nombre total de palmiers, cette diversité génétique est faible.
Ainsi, une orientation nette vers la Deglet- Nour, Ghars et Degla-Beida est notée.
À cet effet, le cultivar Deglet-Nour représente plus de 62,9 % à Oued-Righ et plus de 60,8 % à Oued-Souf par rapport au nombre total de palmiers (tableau 2).
Ensuite, viennent Ghars et Degla-Beida, respectivement, 17,02 % et 11,63 % à Oued-Righ et 24,61 et 8,26 % à Oued-Souf. En revanche, les autres cultivars représentent 8,41 % à Oued-Righ et 6,26 % à Oued-Souf.
Enfin, dans ces deux régions, les cultivars Deglet-Nour, Ghars et Degla-Beïda constituent plus de 92 % du patrimoine phoenicicole ; alors que les autres cultivars représentent à peine 8 %. Le manque d'intérêt accordé par les phoeniciculteurs pour les cultivars de qualité moyenne et faible est probablement responsable de cet appauvrissement du pool génétique.

Distribution géographique de la diversité génétique .
La notion d'abondance relative est arbitraire et permet seulement de donner une idée de la distribution géographique et de l'importance quantitative du cultivar au niveau des palmeraies. Selon Rhouma [14], un cultivar est dit abondant quand il est présent en dominance dans toutes les exploitations ; il est dit fréquent quand il est présent dans presque toutes les exploitations ; il est peu fréquent quand il a une présence limitée dans les exploitations. Il est rare quand il y a présence de quelques pieds dans quelques exploitations et enfin très rare quand il y a présence de un à quelques pieds dans une à deux exploitations par région.
Les résultats obtenus montrent que les trois principaux cultivars – Deglet-Nour, Ghars et Degla-Beida – sont abondants et ont une aire de répartition très large à large (tableau 3).
Par ailleurs, certains cultivars sont fréquents ou peu fréquents ; ces derniers se trouvent dans plusieurs palmeraies. C'est le cas des cultivars Abdelazzaz, Adjina, Ammari, Bouarous, Litima, Tanslit, Tantboucht, Tinicine, etc. dans la région d'Oued-Righ et des cultivars Abdelazzaz, Bser-Hlou, Dfar-El-Gat, Missouhi, Tafarzaït, Tafzwin, Tamarjort, Tinicine, etc. dans la région d'Oued-Souf.
De plus, certains cultivars se trouvent uniquement dans certaines palmeraies mais dans plusieurs exploitations : ce sont des cultivars rares. Tel est le cas des cultivars suivants :
– Wabilli : présent uniquement dans la palmeraie de Goug ;
– Megresse : présent dans les palmeraies de Goug et Blidet Amor ;
– Ba'Hmada et Dguel-Bahlal : présents dans la palmeraie de Blidet-Amor ;
– Tachlilt et Tafourtane : présents uniquement dans la palmeraie de Temacine ;
– Degla-Maadhma : présent uniquement dans la palmeraie de Nezla et Tebesbest ;
– Basaid : présent uniquement dans la palmeraie d'El Kssour ;
– Dguel-Jeddi : présent uniquement dans la palmeraie de Djamaa ;
– Boukhannous et Dguel-Mchallat : présents dans la palmeraie d'El Mghaïer ;
– Deglet-Fareh et Boufeggous : présents uniquement dans la palmeraie de Guemar ;
– Dguel-Ech : présent uniquement dans la palmeraie de Robbah.
Enfin, d'autres cultivars se trouvent uniquement dans une exploitation donnée. Ce sont des cultivars très rares, tels que :
– Deglet-Lahrir, Deglet-Zag : présents dans l'exploitation de Loussata à Goug ;
– Moukh-Laadham : présent dans l'exploitation d'Ain Naga à Blidet-Amor ;
– Deglet-Jitto : présent dans l'exploitation d'El-Krab à Tebesbest ;

– Dguel-Bouh-Bouh, Ouma-Aicha : présents dans l'exploitation d'Iouch à Temacine ;
– Baydh-El-Kadhi : présent dans l'exploitation de Touatra à Nezla ;
– Harchaya : présent dans l'exploitation de Loukda à Nezla ;
– Deglet-Meriem : présent dans l'exploitation de Meggarine-Djedida ;
– Nbat-Dboub : présent dans l'exploitation de Zgoum à Hassani Abdelkrim ;
– Kattalet-E'chaar : présent dans l'exploitation de Sidi-Aoun à El-Megren ;
– Hammoussia et Chelgoumia : présents dans l'exploitation de El-Aguila à El-Ogla.

Importance de la diversité génétique selon les types de plantations

Les résultats obtenus montrent que la diversité génétique diffère d'un type de plantation à l'autre : elle est plus importante dans les palmeraies dites traditionnelles par rapport aux palmeraies dites modernes (tableau 4).
Ainsi, dans la région de Oued-Righ, les plantations dites traditionnelles renferment l'ensemble des cultivars.
En revanche, dans les plantations dites modernes (coloniales), on a recensé cinq cultivars : Deglet-Nour, Degla-Beida, Ghars, Tinicine et Tantboucht. Enfin, dans les plantations de mise en valeur, on a recensé une douzaine de cultivars, à savoir : Deglet-Nour, Degla-Beida, Ghars, Tanslit, Litima, Halwa, Tantboucht, Takermoust, Tinicine, Tafzwin, Hamraya et Adjina.
Concernant, la région d'Oued-Souf, les ghotts renferment l'ensemble des cultivars.
En revanche, dans les plantations de mise en valeur, on a recensé cinq cultivars :
Deglet-Nour, Ghars, Degla-Beida, Takermoust et Hamraya.

Érosion génétique

Un cultivar est dit menacé d'érosion quand il n'est plus multiplié dans aucune exploitation et quand il est âgé et ne produit plus rejets.
Les résultats obtenus montrent que la majorité des cultivars recensés ne sont pas multipliés pour plusieurs raisons, entre autres, la faible valeur marchande des dattes produites par ces derniers et le manque de rejets pour certains.
À cet effet, les agriculteurs de ces deux régions s'orientent vers une minorité de cultivars ayant une valeur marchande plus ou moins élevée.
Dans les terrains d'extension et de mise en valeur de ces deux régions, uniquement 12 cultivars pour la région d'Oued-Righ et 8 pour la région d'Oued-Souf sont cultivés, à savoir Deglet-Nour, Ghars, Degla- Beida, Tantboucht, Takermoust, Dguel-Mghas, Adjina, Tinicine, Litima, Tanslit, Tafzwine, Safraya, Hamraya et Tafarzaït.
Par conséquent, à part les cultivars qui sont plantés dans ces nouveaux périmètres, les autres sont menacés d'érosion à moyen terme si des actions de sauvegarde ne sont pas entreprises dans l'immédiat.
Par ailleurs, une étude comparative des résultats de cet inventaire avec ceux de nombreux auteurs [5, 7-9, 15, 16] montre que plus de 9 cultivars recensés à Oued-Righ et plus de 7 cultivars recensés à Oued-Souf ont disparu (tableau 5).
Les résultats obtenus indiquent que plus de 40 % des cultivars recensés dans la région d'Oued-Righ et à plus de 90 % dans la région d'Oued-Souf sont menacés d'érosion car les palmiers sont âgés et ne donnent plus de rejets. Tel est le cas de :
Deglet-Khlif, Wabilli, Megresse, Deglet-
Lahrir, Degla-Elassala, Deglet-Zag, Baarat-El-Jahch, Ba'hmada, Moukh-Laadham, Tmouzit, Dguel-Bahlal, Sbaa-Badraa, Oumma-Aicha, Dguel-Bouh-Bouh, Dguel- Hida, etc. à Oued-Righ, et de Tamarjort, Fezzani, Taferzait, Missouhi, El-Gosbi, Chettaya, Gattara, Bezzoul-El-Khadem, etc. à Oued-Souf.

Conclusion

On peut dire que Oued-Souf et surtout Oued-Righ recèlent une diversité très importante en cultivars.
Plusieurs raisons expliquent l'importance de ce patrimoine génétique. La propagation par rejets et donc la création de cultivars remonteraient très loin dans le temps, lorsque l'isolement des oasis empêchait les échanges de variétés. Les meilleurs palmiers qui apparaissaient dans chacune des oasis ont été ensuite sélectionnés et multipliés.
Toutefois, la tendance à la spécialisation de la phoeniciculture dictée par des facteurs commerciaux et politiques a conduit à une régression importante de la diversité, avec une énorme perte de gènes.
Cela peut probablement conduire à une rupture de l'équilibre de l'écosystème oasien.
Dans les exploitations nouvellement mises en valeur, uniquement huit à douze cultivars en moyenne sont plantés. Cela contribuera à moyen terme à une érosion génétique phoenicicole.
En outre, plus de 70 cultivars recensés dans Oued-Righ et plus de 50 dans Oued-Souf sont menacés de disparition car ils sont âgés et ne produisent plus de rejets.
Souvent, ils sont arrachés par les agriculteurs au profit de Deglet-Nour, Ghars et Degla-Beida.
La préservation de cette diversité génétique nécessite une valorisation des dattes produites par ces cultivars et la sensibilisation des différents intervenants au niveau de l'agriculture.
Enfin, la sensibilisation des phoeniciculteurs sur le danger du bayoud qui menace ce patrimoine est souhaitable ainsi que la conservation in situ par la mise en place de collections de cultivars de palmier dattier

Références

1. Statistiques agricoles. Superficies et productions.
Série A. Alger : ministère de l'Agriculture, Direction des statistiques et des enquêtes économiques
(MA/DSAEE), 2001.
2. Munier P. Le palmier dattier. Paris : Maisonneuve et Larose, 1973.
3. Données sur la phoeniciculture (superficies, nombre de palmiers par variété et productions par variété et nombre d'exploitations). Ouargla :
Direction des services agricoles (DSA) des wilayas de Ouargla et El-oued, 2004.
4. Brochard P. La sélection génétique du palmier dattier. Bulletin d'Agronomie Saharienne 1974 ; 1 : 1-20.
5. Ferry M, Bouguedoura N, El Hadrami I. Patrimoine génétique et techniques de propagation in vitro pour le développement de la culture du palmier dattier. Sécheresse 1998 ; 9 : 39-146.
6. Rhouma A. Le palmier dattier en Tunisie. Le patrimoine génétique. Vol. 1. Tunis : Arabesques, Edition et Création, 1994.
7. Hannachi S, Khitri D, Benkhalifa A, Brac de la Perrière RA. Inventaire variétal de la palmeraie algérienne. Alger : Agence nationale d'éducation et de publication (Anep), 1998.
8. Belguedj M. Caractéristiques des cultivars de dattiers dans les palmeraies du Sud-Est algérien. Revue Recherche Agronomique Annuelle 2002 ; 1 : 1-289.
9. Chethouna A. Inventaire et caractérisation de dattier dans deux régions du Sud-Est algérien, Oued-Souf et Tassili. Thèse Ingénieur, Institut technique en agronomie saharienne (ITAS), Ouargla, 1992.
10. Méthodologie de prospection au niveau des palmeraies. Atelier maghrébin sur la méthodologie de prospection, El-Goléa, 1990.
11. Brac de la Perrière RA, Benkhalifa A. Identification des cultivars du dattier (Phoenix dactylifera L.) du Sud-Ouest algérien. Plant Genetic Resources Newsletter 1989 ; 78-79 : 13-9.
12. Hannachi S, Khitri D. Inventaire et Identification des cultivars de dattier de la cuvette de Ouargla. Thèse Ingénieur, Institut technique en agronomie saharienne (ITAS), Ouargla, 1991.
13. Ache S. Inventaire et identification des cultivars de dattier de la cuvette de Ouargla. Organisation de la variabilité génétique. Thèse Ingénieur, Institut technique en agronomie saharienne (ITAS), Ouargla, 1995.
14. Rhouma A. Le palmier dattier en Tunisie. Le patrimoine génétique. Vol. 2. Rome : Future Harvest ; International Plant Genetic Resources Institute
(IPGRI), 2005.
15. Bellabaci H. Contribution à l'évaluation du patrimoine génétique phoenicicole du Sud-Est algérien. El-Arifiane : Journées de Djebbars de
Touggourt, Institut technique de développement de l'agronomie saharienne (ITDAS), 1994.
16. Maatallah A. Note sur les variétés de dattiers cultivés en Algérie. Rapport INRA. Alger : Institut national de la recherche agronomique d'Algerie (INRAA), 1969.

Annexe 1
Cultivars recensés dans les régions de Oued-Righ et Oued-Souf.
Cultivars recensés dans la région de Oued-Righ.

: abondant ; ++ : fréquent ; + : peu fréquent ; - : rare ; - - : très rare ; 0 : non recensé.

Cultivars recensés dans la région de Ouef-Souf.