Etrange Lettre du Dernier Sultan des Beni Djellab

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Etrange Lettre du Dernier Sultan des Beni Djellab

Une lettre adressée directement par le dernier sultan Selman an gouverneur de l'Algérie :
A l'Altesse Vénéreuse. Illustre, placée sous la garde de Dieu. - adoré et glorifié - ;A sa Seigneurie, Monsieur le Maréchal, commandant en chef Alger et ses dépendances au nom du Gouvernement français. Que Dieu le fortifie et le maintienne sous sa protection ; qu'il fertilise par une pluie féconde, le parterre de ses pâturages. Amen.
Je viens aujourd'hui m'abriter sous vos ailes et sous le drapeau de la nation française, afin que vous ayez pour moi de la bienveillance, que vous me fassiez atteindre, en dignité et en consideration, au rang auquel étaient arrivés mes ancêtres et, enfin, que vous exauciez mes souhaits de prospérité personnelle.
Pardonnez mes fautes passées...,
Si toutefois. O Sultan, on me reprochait les meurtres que J'ai commis. on aurait tort, parce que ce sont des événements qui se sont accomplis par la volonté de Dieu. C'est, chez nous, une habitude de faire traditionnelle ; car selon l'usage de nos aïeux nul d'entre eux ne devenait Sultan de notre contrée autrement que par le meurtre.
Tenez, je vais vous raconter comment ont procédé mes ancêtres.
Lorsque Mohamed ben Ahmed ben Djellab devint cheikh, il massacra ses deux frères, cheikh Ibrahim et cheikh Abd-er-Rahman, ainsi que son cousin, le cheikh El-Khazen. Après lui, son fils. Amer, monta sur le trône et il assassina son frère, le cheikh Ahmed, et son cousin, le cheikh Mahmoud. Le cheikh Ibrahim ben Mohammed lui succéda -, mais son frère, le cheikh Ali. le tua. Après le cheikh Ali, son cousin, le cheikh Abd-er-Rahmun. le remplaça. Celui-ci était encore enfant à ce moment ; mais sa mère et ses serviteurs se levèrent contre les serviteurs du cheikh Ali- et entre autres individus, ils tuèrent Otman ben El-Ksouri et ses deux fils ; - ils firent mourir aussi mon propre enfant qui était encore à la mamelle - ; enfin, périrait également en cette circonstance Mohammed ben Djelloul, El-Hadj Tahar ben El-Hadj et Lakhdar ben Touba. Ces trois derniers, c'est le cheikh Abd-er-Rahman qui les à mit à mort, j'ai été témoin de ces faits.
Nos aïeux, dans les temps anciens, n'ont pas procédé autrement que je viens d'exposer. Quand je suis arrivé moi-même au pouvoir, à Touggourt, les cancans et les bavardages ont circuit ici à tel point que nous étions a la veille de voir se produire de graves désordres dans les affaires de la contrée. Des lors, J'ai suivi les errements traditionnels de la famille, et, à mon tour, je me suis fait Justice par le sang. Si tout cela est advenu, c'est donc parce que Dieu l'a voulu ; mais aujourd'hui, je me repens de mes actes et je viens me mettre sous votre protection.
Salut de la part de Selman ben Ali ben Djellab. Que Dieu l'assiste ! Amen.
Rarement, il a été donné à l'historien d'enregistrer pareil aveu, joint à tant de tartuferie ! Mais ces rois de Touggourt, si cruels entre eux, devaient être de bons princes, pensera-t-on, pour avoir réussi à conserver si longtemps le pouvoir .???