Conservation des sols en palmeraies sahariennes et bordurières au Sahara

Conservation des sols en palmeraies sahariennes et bordurières au Sahara

Conservation des sols en palmeraies sahariennes et bordurières au Sahara
G. TOUTAIN
Chef de la Station Centrale d'Agronomie Saharienne D.R.A. Marrakech

L'exploitation nouvelle de ressources en eau et l'élaboration de programmes de mise en valeur de palmeraies anciennes et nouvelles en zones présahariennes, sahariennes et sahéliennes (23) nous amènent à nous pencher sur la conservation des sols agricoles.
Nous ferons, tout d'abord, un constat des sols rencontrés en zone phoenicicole, puis nous caractériserons l'agriculture actuelle et ses orientations futures (15,22,23).
Nous envisagerons ensuite les moyens de conservation et d'amélioration des sols.
Enfin, nous terminerons par un exemple concret d'organisation d'une microexploitation phoenicicole (15, 22) ayant le souci du maintien et de l'amélioration de la fertilité du sol.
LES SOLS RENCONTRÉS EN PALMERAIES SAHARIENNES ET SAHËLIENNES

Qualités physiques, chimiques et microbiologiques

On rencontre différents types de terrains dans les palmeraies sahariennes et sahéliennes qui vont du sol léger (sableux, graveleux ..) au sol assez compact (limons argileux).
Ce sont d'abord les sols sableux et graveleux des palmeraies sahéliennes du Niger et de l'Air, des palmeraies sahariennes du Souf et de l'Oued Righ en Algérie et de certaines vallées phoenicicoles de L'Anti-Atlas au Maroc.
Ce sont ensuite les sols alluviaux plus ou moins argileux et limoneux des terrasses bordant les Oueds des palmeraies du Présahara (Oued Draa, Oued Ziz,Oued Biskra) et des zones d'épandages de crues (Zous-Fana, Guir, Tafilalet) (1, 4,17, 18, 19, 21).
Dans de nombreuses régions ces sols sont marqués par la présence de sels due, dans la majorité des cas, à l'utilisation d'eaux d'irrigation chargées (palmeraies du Tafilalet, de l'Oued Righ, de Djerid tunisien...), ce qui pose le problème d'élimination de la salure par l'installation d'un système de drainage adéquat (13, 1,2,7,9).
La richesse chimique de ces sols est très variable.
Les sols légers sont pauvres en humus, en azote, en acide phosphorique et en potasse.
Les sols moyens lourds (sols argileux, argilo-sableux, limoneux et argilo-limonem) sont en général pauvres en humus, en azote et insuffisamment pourvus en acide phosphorique assimilable. En revanche, la potasse est présente à peu près partout en quantité non négligeable.
Le calcium et le magnésium sont assez répandus ainsi que le sodium. Les microéléments sont bien représentés dans ces types de sol (1, 4, 5, 14, 24).
La vie microbienne des sols est relativement limitée dans la plupart des palmeraies où l'on pratique une culture extensive sous palmiers et dans lesquelles les sols sont insuffisamment pourvus en matière organique et en eau (1, 4).
Les sols des palmeraies saharo-sahéliennes pourraient être définis comme physiquement divers, mais présentant un caractère commun, celui d'être pauvre en humus, en azote, en acide phosphorique et en microorganismes, et d'être en général bien pourvu en potasse, calcium, magnésium, sodium et en microéléments.

Relation du sol et de l'eau

En zone aride et subaride l'élément essentiel pour la mise en valeur agricole est l'eau. Facteur limitant le plus important de la production végétale Ia qualité essentielle d'un sol sera de composer efficacement avec elle.
Dans ces régions à faible pluviométrie, c'est l'irrigation qui apporte au sol l'eau qui sera mise à la disposition de la plante (1). Toutes les techniques visan à la conservation des sols et à son amélioration devront par conséquent se soucier de leur porosité, de leur perméabilité et de leur pouvoir de rétention.. .
L'évapo-transpiration dans les palmeraies, du pré-Sahara au Sahel, est de l'ordre de 1700 à 2 100 mm (18) ce qui nécessite des doses d'irrigation importantes sur le complexe végétal << Palmiers dattiers et cultures sous-jacentes B (20, 22,7, 9, S, 10, 11).
L'érosion, les apports d'déments divers, le drainage, le lessivag.e.. seront à prendre en considération dans l'optique de la conservation des sols.

AGRICULTURE EN ZONE PHOENICICOLE

La superficie moyenne de la micro-exploitation familiale saharienne est comprise entre 1 et 2 ha. très souvent morcelée en petits jardins. Ces faibles surfaces par rapport à la population à nourrir sont souvent dues soit à une insuffisance d'eau (Ajjer, Hoggar, Tafilalet...), soit à une extension difficile des jardins par insuffisance de drainage (Tidikelt), soit à une salinisation des sols par manque d‘eau (Tafilalet) ou mauvais entretien du système de collature (Oued Righ, Djerid) ...
En général, les sols cultivables sont nombreux au Sahara, mais ils sont liés à la présence de l'eau, à la possibilité de leur assurer un bon assainissement et une protection efficace contre les vents de sable et l'ensablement.
Chaque famille dispose donc de faibles superficies et pour la faire vivre aussi convenablement que possible, il est nécessaire de pratiquer une agriculture intensive hautement productive sur des sols de qualité. Pour ces régions à forte luminosité, la phytosynthèse s'effectue dans d'excellentes conditions (15, 22, 23, 17, 18, 19,21 ,8).

CONSERVATION ET AMELIORATION DES SOLS EN PALMERAIE

En fonction des contraintes agro-sociologiques nous devons faire en sorte d‘obtenir une forte production agricole en palmeraie.
Nos moyens d‘intervention sont classiques : engrais, amendements, systeme de culture adaptées.
Rappelons que l‘action des engrais est liée intimement à tout ce qui conditionne le milieu et qu'une production végétale maximale augmentera à mesure que le milieu deviendra plus favorable dans son ensemble. Aussi allons-nous passer en revue les actions à mener sur le sol afin de maintenir et d‘améliorer sa fertilité.

Les sols légers au Sahara sont faciles à travailler; ils sont intéressants car ils sont naturellement drainants et évitent l'installation et l'entretien de coûteux systèmes d'assainissement.

Les sols plus lourds, argilo-sableux et limoneux sont riches pour peu que l'on
parvienne à corriger leurs défauts (6 ,1,16).

AMÉLIORATION DE LA STRUCTURE DES SOLS

Sols légers :
Ils devront recevoir de forts amendements humiques, et quelquefois argileux lorsqu'une source d‘argiles est proche du champ à amender (In Ghar au Tidikelt ...) afin d'améliorer leur cohésion et permettre la formation d‘agrégats terreux.
Sols argileux :
Ils ne réagissent pas tous de la même manière à l‘alternance « humidité-sécheresse »
Leur comportement est lié à la présence d'ions Sodium et Calcium (Tab. 13).
La stabilité de tels sols, fréquents au Sahara, ne peut être acquise que par l'apport de fumures organiques et par une rotation de cultures dans laquelle alternent espèces pérennes et annuelles notamment les plantes à enracinement puissant.
Les travaux aratoires agissent sur la structure du sol. Dans les palmeraies les interventions sont effectuées en général à la main avec des outils simples et efficaces (houe, sape, binette, scarificateur... .
En dehors des façons culturales favorisant:

  • l'exploitation du sol par les racines (labour, ameublissement en profondeur), - la germination des semences (ameublissement en surface), - la reprise des plants arboricoles (ameublissement en profondeur),
  • l'enfouissement des fumures (au niveau des racines),
  • l'élimination des mauvaises herbes (sarclage.. ),
  • l'aération du sol (scarification, billonnage).

Une grande importance doit être donnée au modelé du sol en relation avec la distribution de l'eau d‘irrigation, le nivellement, la dimension des planches ou des billons avec comme préoccupation permanente la répartition rationnelle de l'eau.
Presque partout en palmeraies sahariennes (du pré-Sahara au Sahel) la structure des sols laisse à désirer (Effets des irrigations, d‘une agriculture extensive ou mal agencée...). L‘utilisation du fumier et le choix des cultures réparties dans un assolement judicieux s'avèrent

AMÉLIORATION DES PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DES SOLS

En zone saharienne et sahélienne, les sols sont en général riches en calcium, potassium, magnésium, soufre et microéléments.
Certains sont chlorurés et carbonatés et risquent d‘être toxiques pour les plantes. Mais la richesse des sols est due à la présence de colloïdes minéraux qui forment le complexe adsorbant. C‘est en effet au niveau des colloïdes que s'effectuent les réactions physiques et chimiques du sol, aussi, plus les particules sont de petites dimensions plus la surface de contact sera grande :
Argile Illite . . . . . . 65 à 100 m2/g
Argile Montmorillonite 600 à 800 m2/g
Matière organique. . . 500 à 800 m2/g
(d‘après WELBEN et col., 1966).
On recommandera par conséquent d‘apporter aux sols des palmeraies de forts apports de matière organique et quand cela est facile et peu coûteux des amendements d'argile dans les sols trop légers. Les apports humigènes améliorent la capacité d'absorption de tous les sols (4, 5, 15, 22, 23, 21, 16). Toutefois, il faut signaler dans de nombreuses palmeraies la présence de sols salins d'origine ou irrigués par des eaux salées (conductivité à 25 OC de 750 à 2 250 micromhos cm/cm de 3 3 à 9 g d'extrait sec par litre) et dont la production agricole pose des problèmes (Oued Righ, Tafilalet, Bani...).
Leur utilisation en agriculture saharienne n'est possible que par l'élimination constante des sels solubles qu'ils contiennent afin que les culturetsr ouvent des solutions du sol à des concentrations ne nuisant pas à leur végétation (absorbtioncroissance...).
Ce sera donc, par une irrigation abondante et un drainage efficient que l'on assurera ces conditions (17, 19,21, 9, 2). Si, en sols légers, l'irrigation et le drainage sont faciles, en sols plus lourds, les sels de sodium, abondants en général, ont tendance à se fixer fortement sur les colloïdes argileux et à rendre les sols imperméables. Heureusement, au Sahara, la plupart des eaux apportent aux sols du calcium qui débarrassent l'argile des cathions sodium (échange Na+/Ca++).
Les ions sodium seront éliminés par le drainage ce qui améliorera la perméabilité de ces sols. Une action complémentaire sera d'autant plus nécessaire que ces sols seront salés. Elle fera appel aux amendements (”) de sable (50 à 70 t /ha) et de fumier (30 à 50 t /ha) qui permettront aux phoeniciculteurs d‘obtenir de bons rendements sur leurs cultures sous-jacentes.
Plusieurs exemples positifs d'utilisation de ces techniques se développent au Tafilalet (Rissani) en Oued Righ (Djamâa-Tinedla).
Les sols sahariens sont en général pauvres en humus, en azote, et en acide phosphorique par contre la potasse est répandue à peu près partout (argile feuillets); l'alternance de phases de ressuiement et d‘humidité des sols irrigués favorise la libération des ions potassium au profit des cultures. Calcium, magnésium, sodium et microéléments classiques sont bien représentés.
Seules des carences en fer et en zinc sont observées en palmeraie sur arbres fruitiers; ces microéléments existent mais sont bloqués par l'excès de calcaire.

AMÉLIORATION DE LA VIE BIOLOGIQUE DU SOL

L'activité microbienne dans le sol participe activement à l'édification de sa fertilité;
N bactéries, algues, champignons, protozoaires ont besoin pour mener leur action et proliférer, d'humidité, de chaleur, d'oxygène et d'apports nutritifs comme les plantes (4, 1).
Différents groupes décomposent la matières organique (fumier) et la minéralisent d‘autant plus vite que le sol est humide et que la température est élevée; ceci explique la rapidité de consommation du fumier dans les sols sous climat saharien, et la faiblesse de son arrière-action d‘un sur l'autre. JENNY(1930) démontre que chaque montée de température de 10o double le taux de décomposition de la matière organique. L. BRYSSINE et G. TOUTAI(1970) observent qu'en palmeraie de Zagora à la flore du sol la plus importante et la plus active correspond les types de cultures les plus intensifs (fumier, engrais rotation adaptée sous palmiers dattiers). Ce sont les azotobacters qui fixent le plus d'azote de l'air, toutefois l'activité des clostridium est non négligeable. Certains groupes de microorganismes dénitrificateurss ont actifs dans les sols alcalins et mal drainés (ARNON, 1972).

AMÉLIORATION DES SOLS PAR LES CULTURES

A cause de la faiblesse des superficies et des ressources végétales par famille, il est inconcevable de parler d'engrais vert en palmeraies au Sahara et dans sa zone marginale. La culture intensive imposée nous oblige à utiliser le fumier où dans les chapitres précédents nous évoquions le besoin indispensable. I1 sera donc nécessaire d'entretenir des troupeaux dans des oasis entourés de désert et de cultiver des plantes fourragères : luzerne, orge, sorgho, maïs, roquette ... Etant donné l'isolement des centres phoenicicoles, les phoeniciculteurs s'évertueront à produire des cultures vivrières: blé, orge, sorgho, mil, légumes.. .
Le palmier reste dans la plupart des oasis la culture principale de rente (vente des dattes) tout en gardant l'originalité d'être également une culture importante d'autoconsommation (dattes) et d'autoapprovisionnement (bois, fibres...). Toutefois, pour des causes diverses (Bayoud( "), dévaluation de la datte, marché fluctuant, augmentation de la population, etc.) le phoeniciculteur cultive de plus en plus d'autres cultures de rente sous lui : Henné, tabac, légumes, semences, etc.
Le phoeniciculteur a, par conséquent, à sa disposition un nombre suffisant de cultures d'espèces différentes ayant des actions complémentaires améliorantes sur la texture et la structure du sol (rotations, enracinements).
De plus, les racines des plantes approvisionnent le sol en détritus organiques minéralisables à différents niveaux dans le profil après leur enlèvement (17, 18, 19, 21, 15, 22, 14).

Apports raisonnés des engrais

Dans les chapitres précédents, nous nous sommes efforcés de décrire les techniques d'amélioration du sol qui permettent une bonne utilisation des engrais. I1 est évident que les sols les plus filtrants devront recevoir des doses d'engrais majorées et plus fractionnées que les terres moyennes à lourdes (lessivage des irrigations). Dans le calcul des éléments fertilisants à appliquer, il faudra tenir compte de ceux apportés par les eaux d'irrigation et les amendements. Rappelons que dans certaines palmeraies de l'Oued Righ Monciero avait signalé l'absence d'effets de fumures complètes sur palmier dattier cultivé seul, car les eaux comblaient les besoins en éléments nutritifs de cette plante.
En effet, les fortes quantités d'eau d'irrigation très salées utilisées apportent par hectare et par an 315 kg d'azote, 13 kg d'acide phosphorique et 2 600 kg de potasse qui sont déversées sur un sol léger équipé d'un bon système de drainage (13).
Dans les antres régions sahariennes les eaux sont moins riches, mais en général amènent au sol des quantités non négligeables de calcium, de magnésium et de potasse.
En ce qui concerne les amendements c'est surtout le fumier .saharien qui est à prendre en considération dans la détermination des fumures. Les analyses de ce fumier sec (type poudrette) révèlent sa haute richesse en éléments fertilisants ainsi pour 10 tonnes, on relève en moyenne 80 unités d'azote, 15 unités d'acide phosphorique, 110 unités de potasse, 35 unités de magnésium et 100 unités de chaux (22, 16).
Les essais de fertilisation entrepris en zone phoenicicole sur diverses cultures nous apprennent (et nous confirment) que l'agriculteur des palmeraies devra se soucier principalement du fumier, de l'azote et du phosphore, éléments qui influencent le plus la production agricole (21, 5, 22, 16, 1). L'agriculture intensive fera appel à une fertilisation adaptée aux conditions des différents centres phoenicicoles.
Les fumures seront calculées en fonction des besoins de plantes devant fournir de hauts rendements (*) et appliquées au système de cultures et sur l'ensemble de la rotation. Le choix des engrais se portera sur les plus concentrés (moins coûteux : transport, ensachage, manutention) du type phosphate d'ammoniaque, urée, superphosphate triple ... (5, 3, 16, 6).

RÉCAPITULATION

  • Amélioration des sols des palmeraies.

Amendements mécaniques :

  • Irrigation. Drainage.
  • Façons culturales : Nivellement. Planchage.
  • Ameublissement.. .

Amendements physiques :

  • Sable. Sols lourds asphyxiants. Sols
  • Argile. Sols légers.
  • Calcaire. Sols sodiques imperméables
  • Humus. Fumier. Tous sols.

salés.
(gypse).

Assolement. Rotation de cultures :

Cultures améliorantes alternées avec cultures épuisantes.
Cultures successives à différents systèmes radiculaires.
Cultures nécessitant des travaux culturaux favorables au maintien d'une bonne structure du sol.
Fertilisation :

  • Irrigation. Fumier.
  • Azote.
  • Acide phosphorique.

DETERMINATION DE LA FUMURE DANS UNE MICROEXPLOITATION SAHARIENNE

Conditions de milieu :

  • Sols argilo-sableux. Capacité de rétention de 20-
  • E.T.P. 1 900 mm. Irrigation de 16 O00 m3 /ha /an.
  • Eau douce : moins de 2,5 g de sels par Litre.

Nous prendrons comme exemple une unité phoenicicole familiale type de 1 ha 14 a, où le sens de la rotation et la répartition des cultures seront comme suit :
Luzerne (36 a). Céréales d'hiver. Céréales d'été (36 a). Potager d'hiver. Potager d'été (6 a). Hénné (36 a).
Les palmiers dattiers sont plantés au carré à 10 mètres en tous sens.
Un élevage mixte bovin-ovin fournit les 27 tonnes de fumier nécessaire à la mise en place des cultures et à la fumure d'entretien du palmier dattier.

Deux niveaux à fertiliser

  • Niveau supérieur : O à 0,40 m : exploité par les légumes, les céréales, le hénné, la luzerne. Bien qu'une partie de leurs racines iront plus profondément.
  • Niveau profond : 0,40 à 1,lO m :développement du système radiculaire puissant du palmier-dattier.

Techniques des apports fertilisants

  • Sur cultures sous-jacentes : Fumure de fond : fumier, acide phosphorique.

Fumure de couverture : azote aux moments cruciaux végétatifs « levée », Tallage et montaison des céréales, départ de végétation du hénné, après les coupes de hénné et du sorgho ... Une partie importante de l'azote sera libérée progressivement dans le profil par le fumier.
Nous n'épanderont pas d'engrais potassiques, le sol et les eaux en étant bien pourvu et le fumier en apportant des quantités importantes.

  • Sur palmier dattier : Le phosphore ne migre pratiquement pas dans le profil; nous l'amènerons à l'aide de tranchées au niveau du système racinaire du palmier dattier. Nous ferons de même pour le fumier (consommé rapidement en surface et dont l'humus migre lentement) qui sera appliqué avec les engrais phosphatés, ce qui favorisera la formation d'humophosphates très assimilables par les plantes (ralentissement de la dégradation des phosphates). L'azote sur palmier-dattier ne sera utilisé que si la culture sous-jacente n'en reçoit pas comme par exemple la luzerne. Dans les autres cas, l'azote circulant aisément dans le profil, une partie suffisante appliquée sur cultures associées migrera en profondeur au profit du palmier dattier. Les doses d'azote appliquées sur cultures sous-jacentes pourront être calculées plus largement car la présence du réseau dense des racines du palmier dattier élimine les risques de grosses pertes par infiltration (4, 5, 15,22, 33) (Tab. 14).

Besoins en fumier des cultures de la microexploitation phoenicicole 114 palmiers dattiers recevront 2 280 t
6 ares luzernes à 80 t /ha . . 4 800 t
6 ares hénné à 80 t /ha . . . . 4 800 t
6 ares potager à 60 t /ha. . . 3 600 t
36 ares céréales à 30 t /ha. . . 10 800 t
26 280 t
(Tab). 15).
Nota: Le palmier dattier reçoit en fumure propre 2 O00 kg de fumiepr ar hectare et un équilibre minéral de O, 20, O (total : 16, 23, 22).

La conservation des sols en zone phoenicicole saharienne et bordurières du Sahara est conditionnée par la nécessité d'exploiter plus intensivement la palmeraie afin de faire accéder les populations à un niveau de vie convenable. Tous les gouvernements des régions sahariennes font un effort dans le domaine de l'hydraulique et l'on peut espérer que de plus en plus les palmeraies couvreront leurs besoins en eau.
L'eau, principal facteur de la production,est un moyen qu'il faut savoir utiliser et la conservation des sols est l'instrument le plus sûr pour son emploi rationnel au profit des cultures.

Titre de paragraphe

C'est pour cela que nous avons insisté sur les diverses améliorations du sol concernant sa texture, sa structure, ses propriétés chimiques et biologiques pour aboutir aux problèmes de sa fertilisation.
L'exemple d'application d'une fumure sur une micro-exploitation phoenicicole saharienne tient compte de résultats d'expérimentations globales réalisées sur plusieurs années dans des palmeraies situées sur les 29e, 30e et 31e parallèles de latitude de Nord.
Si l'on désire obtenir des palmeraies à haute productivité il faut veiller sans cesse au maintien et à l'augmentation de la fertilité de leurs sols. .