Chayeb Achoura - et Lala Tamelghit

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Chayeb Achoura - et Lala Tamelghit

"Achoura' est une fête religieuse traditionnelle célébrée chaque année par les musulmans particulièrement les Chiites le 10e jour du mois de "Mouharram".
Elle représente la commémoration de l'assassinat à Kerbela (Irak) de l'Imam Housseîn Ibn Ali Ibn Abi Taleb (petit fils du prophète) par les Omeyades en l'an 61H (670 Ap JC)
Dans l'Oued R'ir, le repas abondant où figurent surtout les fèves est de rigueur; on doit manger ce Jour la jusqu'à complet rassasie ou faute de quoi, dit-on, on se voit obligé de manger les pavés de l'enfer pour remplir son estomac. Le premier jour de la nouvelle lune de moh'arrem le carnaval avec masques et déguisements commence : il ressemble à celui d'Ouargla. Les imitations du lion, du chameau, de l'autruche ont toujours beaucoup de succès ; on y retrouvé aussi le dragon fantastique,sorte de tarasque dont nous avons parlé à propos de Ouargla. Les principales scènes dramatiques sont le cadi grotesque et le mari trompé, cette dernière se rapportant de préférence a un européen ; on Imite aussi volontiers, dans un esprit de satire, d'ailleurs très discrète, le commandant supérieur du cercle de Touggourt, les officiers du bureau arabe,etc.. Puis défilent les touristes, hommes et femmes, l'anglais en particulier qui braque avec insistance son appareil sur la foule, qu'il groupe préalablement afin d'obtenir un instantané plus naturel. Le marchand ambulant kabyle parcourt les groupes en criant sa marchandise et en débitant une pacotille imaginaire. Puis ce sont des sédentaires singeant les nomades, des nègres revenant du Soudan, des cavaliers revenant de Tombouctou et racontant leurs aventures extraordinaires; plus loin un groupe fait l'exercice militaire a la française, Les fantaisies auxquelles se livre l'imagination populaires ne sont pas d'ailleurs toujours d'un goût parfait : un danseur portant une charogne d'âne bouscule et écarte les curieux grâce aux horions qu'il distribue et à la puanteur qui s'échappe de son fardeau;un autre obtient le même résultat grâce à un derrière postiche hérissé d'épines de palmier qu'il promène à reculons à travers les groupes. L'occupation française n'a apporté que des changements insignifiants au programme de ces drôleries ; quelques coutumes seules ont disparu : à noter entre autres, à Touggourt même, la suppression d'une grande fantasia à ânes qui avait lieu en présence de tous les habitants rassemblés devant le palais du sultan " .

La veille de cette occasion en met du Henné sur les front des petits enfants ainsi que toutes les bétes de la basse cour , des ânes , des brebis , chèvres, chats,en recitant : (Lala Tamelghit Agouba Al am jay )

Commentaire :

lundi 9 août 2010, 16:56

Driss Oumami
(A Touggourt, les hommes se tracent avec du henné une ligne qui va de la naissance du nez jusqu'au cou en passant par le sommet du crâne ; ils prononcent en même temps l'invocation suivante : " S'il plaît à Dieu, l'année prochaine je ferai achoura comme cette année ". Sur la question du koh'eul, il semble qu'il y ait quelques divergences d'opinions mais l'usage spécial du parfums. Pourtant, on croit que celui qui se purifie ce jour-là par le koh'eul ou le henné est purifié pour toute l'année ; celui qui se baigne est exempt de maladie aussi pour toute l'année ; ce jour-là, on se rassasie en une sorte de repas rituel où dominent les fèves et les légumes, car si on ne se rassasiait pas à cette occasion on ne serait pas rassasié de l'année. A Touggourt, on prétend que celui qui ne serait pas rassasié ce jour-là serait obligé, dans l'autre monde, de manger les pavés de l'enfer pour remplir son estomac.)

Commentaire :

lundi 9 août 2010, 17:12

" Al mouharim" ,
Pour celebrer le debut de l'année hejirienne , les filletes portaient sur leurs têtes "Tbag faits de s3af", et faisaient une tournée passant dans toutes les maisons des quatiers proches en chantant "khouch al 3am 3al 3am ya rabi kawi al Islam", chaque femme les accueillait avec joie et leurs donnait quelque chose : semoule, couscous, légumes, à la fin de la journée , elles (les petites filles) se débrouillaient pour préparer un plat de couscous avec les quelques provisions rassemblées durant leur quette ; avec un peu de chance une femme leurs venait en aide (mais c'est rare). Quoiqu'il en soit le plat était toujours apprcié par les fillettes (il m'est arrivé de manger un couscous ou les légumes n'étaient pas vraiment cuits, puisque on se servait du bois pour faire les cuire, mais croyez moi c'était délicieux et avait son charme.
Suggeré par Sabah Harkat

Les Racines des Féstivités de Chayeb Achoura

samedi 1 janvier 2011, 18:57

Ces carnavals ont littéralement disparus, mais la mémoire populaire retient encore des fragment de souvenirs , il est certains que Chaieb Achoura n'est certainement pas lie a cérémonial d'Achoura mais plutôt à un évènement astral , puisqu'il se déroulé toujours à la même saison , et les figures du carnaval ont une photo-interprétation de la peur et de l'inconnu ou l'ogre ou l'ogresse qui symbolise la sécheresse , la ruine et les cataclysmes naturels , la population sans défense trouve refuge dans ces considérations surnaturelles et mystiques . Tuer l'ogresse , veut dire simplement que les effets négatifs d'une catastrophes seront réduits . L'ogresse peut se manifester par la figure et le personnage du lion que les habitants connaissaient bien puisqu'il sévissait encore dans les années 1800 dans les monts Aures , ou bien par des masques de personnages mystiques .
L'animal qui jouait le rôle du bouffon, du joker et du traître , c'est bien l'âne qui avait le rôle d'entretenir le mal et lui permettre de sévir . Les autres personnages qui sont généralement , le loup , le renards l'hérisson jouaient des rôles secondaires de soutien aux faibles dans un sens figuré , et en réalité au peuple affaibli . La nouvelle année était toujours entamée par un carnaval de Chaieb Achoura jadis Ennayer sanglant et brouilleur , autour d'un grand bûcher de tronc de palmier . Les acteurs s'activaient durant des journées entières à la confection de leurs masques et habits qui sont généralement issus des dérivés de palmiers , Liff , Kernef , Sakkas , Djerid , Saaf , et des toisons usées de moutons , et chèvres ou même carrément une peau d'âne .
La lutte acharnée qui se déclenche dés l'apparition du lion s'enchaîne , les rugissements s'entendent à des centaines de métres , et les personnages se mêlent dans un brouhaha de cris et dans cet espèce de carnage et confusion l'âne essai de s'interposer entre le lion et le reste , en risquant sa peau , et en mimant des moments des gestes de collaborateur et conspirateur contre le peuple ; le lion ne réussissant pas à exterminer la volonté du peuple , se retourne contre l'âne , le tue et le dévore ; des actes de critique mimique et de lapidation commencent contre tous ceux qui faisaient partie du clan du lion , finalement et pour clore le dernier acte , les masques sont jetés et brûler dans le brasier du tronc de palmier.
Le rapprochement fait par les berbères de ces scènes et sa transposition avec le génocide commis par les omayades contre la famille d'Ali à contribuer surtout après l'époque Fatimide à la
déformation de l'appellation .